Emploi

Prime de fin d’année en Belgique : qui y a droit et comment ?

Le 19 décembre 2025 par Naïa - 10 minutes de lecture

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La fin d’année approche et avec elle, l’attente de la prime de fin d’année pour des milliers de travailleurs belges. Mais contrairement aux idées reçues, cette prime n’est pas automatique ni identique pour tous. Mes Aides Financières vous explique en détail qui peut en bénéficier, comment elle est calculée, et quelles sont les alternatives fiscalement avantageuses pour optimiser vos revenus de fin d’année.

La prime de fin d’année : un droit ou un avantage ?

Pas d’obligation légale générale

Beaucoup de travailleurs l’ignorent, mais aucune loi belge n’impose le paiement d’une prime de fin d’année. Cette rémunération complémentaire ne relève pas d’un droit universel inscrit dans le Code du travail, mais dépend entièrement du secteur d’activité et de l’entreprise.

La prime de fin d’année est généralement prévue par :

  • Les conventions collectives de travail (CCT) sectorielles négociées entre partenaires sociaux
  • Les conventions collectives d’entreprise
  • Le règlement de travail de l’employeur
  • Le contrat de travail individuel
Bon à savoir
La majorité des secteurs d’activité en Belgique ont négocié des CCT qui prévoient le paiement d’une prime de fin d’année. Si vous travaillez dans le secteur privé, vérifiez auprès de votre délégué syndical ou de votre service RH si votre secteur est concerné.

Secteur public vs secteur privé

Dans le secteur public, la prime de fin d’année est généralement bien encadrée et quasi systématique pour les fonctionnaires et agents contractuels. Les modalités sont définies par des arrêtés royaux et varient selon les niveaux de pouvoir (fédéral, régional, communal).

Dans le secteur privé, tout dépend de la convention collective applicable. Certains secteurs comme la construction, l’horeca, le commerce, ou encore le secteur socioculturel ont des systèmes spécifiques et bien établis.

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Les différentes formes de prime de fin d’année

Le treizième mois : un cas parmi d’autres

L’appellation « treizième mois » est couramment utilisée, mais elle ne reflète qu’une des formules possibles. Concrètement, un treizième mois signifie que le travailleur reçoit en décembre un montant équivalent à son salaire mensuel brut habituel, en plus de son salaire du mois.

Les autres systèmes de calcul

Selon les secteurs, la prime de fin d’année peut prendre différentes formes :

Dans le secteur socioculturel et non-marchand : la prime est souvent calculée comme un montant forfaitaire auquel s’ajoute un pourcentage du salaire annuel brut. Ce système ne correspond généralement pas à un treizième mois complet.

Dans le secteur de la construction : on parle de « timbres de fidélité » dont le montant représente un pourcentage du salaire brut gagné entre le 1er juillet de l’année précédente et le 30 juin de l’année en cours. Ces timbres sont gérés par le Fonds de sécurité d’existence.

Dans certains secteurs : la prime constitue un complément au pécule de vacances et est versée en mai ou juin plutôt qu’en décembre.

Important
Le moment du paiement varie selon les secteurs. Si la majorité des primes sont versées avec le salaire de décembre, certaines arrivent plus tôt ou plus tard dans l’année. Consultez votre CCT sectorielle pour connaître les dates applicables.

Conditions d’accès à la prime de fin d’année

Être présent dans l’entreprise au moment du paiement

La règle de base traditionnelle stipule que le travailleur doit faire partie de l’entreprise au moment où la prime est versée. Cependant, cette règle s’est considérablement assouplie ces dernières années dans de nombreux secteurs.

Aujourd’hui, de nombreuses CCT prévoient le paiement au prorata pour les travailleurs qui ont quitté l’entreprise ou qui ont été absents en cours d’année pour des raisons indépendantes de leur volonté :

  • Travailleurs licenciés (sauf pour faute grave)
  • Personnes en incapacité de travail (maladie, accident)
  • Congé de maternité ou de paternité
  • Crédit-temps ou interruption de carrière

Le montant est alors calculé proportionnellement aux périodes effectivement prestées durant l’année de référence.

L’ancienneté minimale requise

La plupart des systèmes de prime exigent une ancienneté minimale dans l’entreprise. Cette période varie selon les secteurs mais se situe généralement entre trois et six mois.

Par exemple, un travailleur engagé le 1er octobre pourrait ne pas avoir droit à la prime de décembre si son secteur exige six mois d’ancienneté. En revanche, il y aura normalement droit l’année suivante.

Attention
Les périodes d’essai, les contrats intérimaires de très courte durée et les contrats étudiants ne donnent généralement pas droit à la prime de fin d’année, sauf dispositions spécifiques dans votre secteur.
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La fiscalité particulière de la prime de fin d’année

Des cotisations sociales identiques

Au niveau des cotisations sociales, la prime de fin d’année est traitée comme un salaire normal. L’employeur et le travailleur paient les mêmes cotisations ONSS (environ 13,07% pour le travailleur et 25% pour l’employeur sur le montant brut).

Un précompte professionnel beaucoup plus élevé

C’est au niveau du précompte professionnel (impôts) que la différence est importante. La prime de fin d’année est considérée comme une allocation exceptionnelle et est taxée selon un barème spécifique.

Le taux d’imposition appliqué correspond à celui qui s’applique à la tranche la plus élevée du salaire annuel du travailleur. Concrètement, si vous gagnez 3 000 € brut par mois et que vous recevez un treizième mois de 3 000 € brut, ce dernier sera imposé comme si c’était un revenu supplémentaire s’ajoutant à votre salaire annuel déjà perçu.

Résultat : le montant net d’une prime de fin d’année est toujours significativement inférieur au montant net du salaire mensuel habituel, même dans le cas d’un treizième mois. La différence entre le brut et le net peut atteindre 50% ou plus pour les revenus moyens et élevés.

Bon à savoir
Cette taxation plus lourde en cours d’année peut être régularisée lors du calcul de l’impôt final. Si trop de précompte a été retenu, vous recevrez un remboursement après votre déclaration fiscale. L’inverse est également possible.

Les alternatives fiscalement avantageuses

Le budget mobilité et les avantages alternatifs

Face à la lourde fiscalité pesant sur la prime de fin d’année, de nombreuses entreprises proposent désormais à leurs travailleurs de convertir tout ou partie de cette prime en avantages fiscalement plus intéressants.

Parmi les options les plus courantes :

Le leasing vélo : permet d’obtenir un vélo (classique ou électrique) avec un avantage fiscal important. Les cotisations sociales sont réduites et l’avantage de toute nature est très faible.

Le matériel IT : ordinateur, smartphone, tablette pour usage personnel peuvent être acquis via ce système avec une fiscalité allégée.

Les warrants : ces options sur actions offrent un traitement fiscal avantageux si certaines conditions sont respectées.

Le budget mobilité : pour les travailleurs qui disposent ou pourraient disposer d’une voiture de société, ce système permet de choisir des alternatives de mobilité douce avec une fiscalité réduite.

Important
Ces alternatives font disparaître une partie des cotisations sociales que l’employeur et le travailleur auraient dû payer. Elles peuvent représenter un gain net significatif par rapport à une prime classique. Renseignez-vous auprès de votre service RH pour savoir si votre entreprise propose ces options.

Les chèques cadeaux : un complément, pas une alternative

Certaines entreprises offrent des chèques cadeaux en fin d’année, mais attention : il ne s’agit pas d’une alternative à la prime de fin d’année au sens strict.

Pour éviter que ces chèques soient soumis aux cotisations sociales et à l’impôt, ils doivent respecter des plafonds stricts : maximum 40 € par travailleur, majoré de 40 € par enfant à charge. Des montants bien plus modestes qu’une véritable prime de fin d’année.

Que faire si vous n’avez pas reçu votre prime ?

Vérifier vos droits

Si vous pensez avoir droit à une prime de fin d’année mais qu’elle ne vous a pas été versée, commencez par vérifier les règles qui s’appliquent à votre situation. Dans la plupart des cas, quelques documents suffisent à lever le doute :

  • votre contrat de travail et le règlement de travail de l’entreprise ;

  • la convention collective de travail (CCT) applicable à votre secteur, disponible auprès de votre délégation syndicale ou sur le site du SPF Emploi ;

  • les conditions d’ancienneté et de présence exigées pour le paiement de la prime.

Si le doute persiste, un premier échange avec votre service RH ou votre employeur permet souvent de clarifier la situation rapidement.

Recours possibles

Lorsque la prime est bien prévue mais n’a malgré tout pas été payée, plusieurs solutions existent. Il est généralement conseillé de procéder par étapes, en privilégiant d’abord les voies internes avant d’envisager un recours formel :

  • contacter le délégué syndical de l’entreprise, s’il en existe un ;

  • demander l’appui de votre organisation syndicale (FGTB, CSC ou CGSLB) ;

  • solliciter le Contrôle des lois sociales du SPF Emploi.

Attention
Les délais de prescription existent. N’attendez pas trop longtemps pour faire valoir vos droits. En principe, vous disposez d’un an à partir de la date où la prime aurait dû être payée.

Optimiser vos revenus de fin d’année

Planification et dialogue avec l’employeur

La période de fin d’année est propice pour discuter avec votre employeur de la manière dont vous souhaitez percevoir vos avantages. Si votre entreprise propose des alternatives à la prime classique, prenez le temps de :

  • Calculer l’impact fiscal de chaque option
  • Évaluer vos besoins réels (avez-vous besoin d’un vélo ? d’un nouvel ordinateur ?)
  • Comparer le montant net entre une prime cash et les alternatives

Lien avec d’autres aides financières

La prime de fin d’année augmente temporairement vos revenus annuels, ce qui peut avoir un impact sur certaines aides sociales calculées sur base des revenus. Par exemple :

  • Le revenu d’intégration pour les cohabitants
  • Certaines allocations familiales majorées
  • Les tarifs sociaux pour l’énergie et les télécommunications

Si vous bénéficiez d’aides sociales, renseignez-vous auprès de l’organisme concerné (CPAS, ONEM, Forem, Actiris) pour savoir si votre prime de fin d’année doit être déclarée et quel impact elle pourrait avoir.

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Naïa

Redactrice

Naia est étudiante en Master en ingénieur de gestion. Curieuse et passionnée, elle aime rendre simples et compréhensibles les informations financières pour aider chacun à trouver les aides auxquelles il a droit.


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