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La réforme 2026 impose une limitation du chômage et un CPAS durci. Êtes-vous concerné ? Quand perdrez-vous vos allocations et quelles solutions s’offrent à vous ? Mes Aides Financières fait le point.
Limitation du chômage en Belgique : que prévoit la réforme 2026 ?
Selon l’ONEM, la réforme du chômage est entrée en vigueur le 1er mars 2026 et met fin au chômage illimité en Belgique : le droit aux allocations de chômage complet est désormais limité à 24 mois maximum.
La nouvelle règle s’applique aux dossiers dont la date d’admission est à partir du 1er mars 2026. Les personnes qui percevaient déjà des allocations sont soumises à un régime transitoire, avec une fin de droit fixée par vagues.
Qui est touché par la limitation du chômage ?
La réforme concerne les travailleurs qui perdent leur emploi et demandent des allocations de chômage complet. Elle touche également les jeunes qui bénéficient d’allocations d’insertion, dont le droit est désormais limité à 1 an maximum.
Par ailleurs, les personnes déjà au chômage avant le 1er mars 2026 entrent aussi dans le champ de la réforme, selon un calendrier progressif par vagues détaillé plus bas.
Durée maximale et calcul de vos droits au chômage
Le calcul de la durée totale de vos allocations suit deux étapes :
- Période de base : 12 mois, à condition de prouver 312 jours de travail ou de jours assimilés au cours d’une période de référence de 36 mois
- Période supplémentaire : 1 mois de plus tous les 104 jours de passé professionnel (jours de travail et jours assimilés), jusqu’à 12 mois maximum. Les 312 jours qui ont servi à ouvrir votre droit ne sont pas repris dans ce calcul
La durée maximale atteint donc 24 mois au total. Si vous ne prouvez pas 312 jours de travail ou assimilés sur 36 mois, vous n’êtes pas admis aux allocations de chômage après une occupation. Après des études, ce sont les allocations d’insertion qui peuvent s’appliquer.
Attention aux périodes de maladie ou d’accident du travail : elles ne comptent comme jours de travail que si votre employeur a versé un salaire garanti ou un complément en plus de l’indemnité de la mutuelle (en principe les 30 premiers jours). Les autres jours d’incapacité de travail indemnisés par la mutuelle ne comptent pas comme jours de travail, mais ils prolongent votre période de référence de 36 mois.
Bon à savoir
Les jours de congé de maternité, de naissance et d’adoption comptent comme des jours de travail pour le calcul de vos droits.
Quelles sont les exceptions à la réforme ?
Selon l’ONEM, certains profils échappent à la limitation dans le temps :
- Les personnes de 55 ans qui justifient d’un passé professionnel suffisant : 31 ans en 2026, puis un an de plus chaque année pour atteindre 35 ans en 2030. Ces conditions s’apprécient au moment où vous ouvrez le droit aux allocations
- Les travailleurs en RCC (chômage avec complément d’entreprise)
- Les travailleurs qui ont droit à l’allocation du travail des arts (ou à l’allocation forfaitaire qui lui succède)
- Les travailleurs portuaires et les pêcheurs de mer reconnus, ainsi que les personnes en situation de handicap occupées en atelier protégé
D’autres situations ne suppriment pas la limitation, mais reportent la fin de votre droit :
- Une formation vers un métier en pénurie, commencée avant le 1er janvier 2026 et pour laquelle le service régional de l’emploi vous a accordé une dispense : vous gardez vos allocations pendant toute la formation, au plus tard jusqu’au 30 juin 2030
- Une formation d’infirmier ou d’aide-soignant avec dispense : vous gardez vos allocations pendant la formation, jusqu’à un an après sa durée minimale normale et au maximum 5 ans après son début. Cet avantage n’est accordé qu’une seule fois dans votre carrière
- Un temps partiel avec maintien des droits et une allocation de garantie de revenus (AGR) au moment où votre droit prend fin : vous conservez ce droit jusqu’à la fin de votre occupation en cours, si votre horaire respecte le minimum fixé par l’ONEM. Si vous redevenez chômeur complet ensuite, vous devez à nouveau prouver 312 jours de travail
Pour savoir si votre situation correspond à l’une de ces exceptions, contactez votre organisme de paiement (syndicat ou CAPAC) ou l’ONEM directement.
À quelle date perdez-vous vos allocations de chômage ?
Pour les personnes qui percevaient déjà des allocations, l’ONEM a fixé la fin du droit par vagues successives, selon la période d’indemnisation et la durée de chômage accumulée :
- 1er janvier 2026 : personnes en 3e période d’indemnisation avec au moins 20 ans de chômage complet, ainsi que les allocations d’insertion ouvertes au plus tard le 1er janvier 2025
- 1er mars 2026 : personnes en 3e période d’indemnisation avec 8 à 20 ans de chômage complet
- 1er avril 2026 : personnes en 3e période d’indemnisation avec moins de 8 ans de chômage complet
- 1er juillet 2026 : personnes en 2e période d’indemnisation
- Entre le 1er juillet 2026 et le 1er juillet 2027 : personnes en 1re période d’indemnisation
L’ONEM a envoyé une lettre d’avertissement avec la date de fin de droit, par courrier postal ou dans l’eBox, par vagues entre septembre 2025 et mars 2026. Si vous avez introduit une nouvelle demande pendant la période de transition, c’est votre organisme de paiement (syndicat ou CAPAC) qui vous a écrit. Ne l’ignorez pas : la limitation du chômage s’applique à des dates précises et il est préférable d’engager vos démarches rapidement.
Important
Le 10 septembre 2026, la Cour constitutionnelle a confirmé l’essentiel de la réforme mais a annulé une partie du régime transitoire, pour certains chômeurs de longue durée. Selon l’ONEM, vous n’avez pour l’instant pas à le contacter : si l’arrêt a des conséquences pour votre situation, vous serez contacté.
Notre page consacrée à la réforme du chômage revient sur l’ensemble des changements, au-delà de la seule durée des allocations.
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Démission et limitation du chômage : quelles conséquences en 2026 ?
Quitter volontairement son emploi, par exemple par une démission, peut avoir des conséquences sur votre droit aux allocations de chômage. L’ONEM prévoit toutefois une mesure appelée droit au rebond.
Le droit au rebond change-t-il les règles du chômage ?
Le droit au rebond est soumis à conditions et n’est pas automatique : la demande se fait avec un formulaire spécifique (C109-Rebond), via votre organisme de paiement (syndicat ou CAPAC). Renseignez-vous auprès de lui ou de l’ONEM avant de prendre toute décision.
CPAS après la limitation du chômage : quelles nouvelles règles en 2026 ?
Le CPAS constitue normalement le filet de sécurité qui prend le relais quand le chômage s’arrête. Pourtant, depuis le 1er mars 2026, y accéder peut être plus difficile pour les personnes qui vivent sous le même toit que des proches.
Quels revenus le CPAS prend-il en compte ?
Depuis le 1er mars 2026, le CPAS doit tenir compte des revenus de tous les débiteurs d’aliments majeurs qui vivent sous le même toit que vous. Il s’agit notamment de :
- vos parents et vos beaux-parents
- vos enfants majeurs et vos beaux-enfants majeurs
- vos grands-parents
- vos petits-enfants majeurs
Le CPAS peut y déroger pour des raisons d’équité, mais il doit alors justifier sa décision.
Quel montant pour le revenu d’intégration sociale (RIS) en 2026 ?
Le revenu d’intégration sociale (RIS) représente l’aide que le CPAS verse aux personnes sans ressources suffisantes. Selon le SPP Intégration sociale, voici les montants mensuels en vigueur depuis le 1er septembre 2026 :
- 911,56 €/mois pour un cohabitant
- 1.367,34 €/mois pour un isolé
- 1.847,89 €/mois pour une personne avec famille à charge
Avant, depuis le 1er mars 2026, ces montants s’élevaient à 893,65 €, 1.340,47 € et 1.811,57 €. Il s’agit de montants maximums : le CPAS déduit vos ressources et celles des personnes dont il doit tenir compte, de sorte que le montant versé peut être inférieur, voire nul. Pour les dates de versement, consultez notre calendrier de paiement du CPAS.
Qui risque de perdre son aide sociale ?
Les personnes les plus exposées sont celles dont le droit au chômage prend fin et qui vivent avec un débiteur d’aliments majeur qui a des revenus, par exemple un jeune qui revient vivre chez ses parents, ou une personne qui héberge un parent pensionné. Dans ces situations, le CPAS doit tenir compte des revenus de ces proches, sauf dérogation pour raisons d’équité.
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Fin du chômage illimité : que faire concrètement après 2 ans ?
Vous avez reçu un courrier de l’ONEM ou votre droit au chômage arrive à terme. Voici les démarches à enclencher sans attendre.
Les démarches à effectuer immédiatement
Étape 1 : contactez votre CPAS
C’est la démarche prioritaire. Le CPAS peut vous ouvrir un droit au revenu d’intégration sociale ou vous orienter vers d’autres dispositifs selon votre situation. Contactez-le dès que vous savez que vos allocations vont s’arrêter : il dispose de 30 jours pour décider et, si la décision est positive, le revenu d’intégration prend effet à la date de réception de la demande.
Étape 2 : prévenez votre mutualité
Votre droit aux soins remboursés ne s’arrête pas immédiatement avec vos allocations. Selon l’INAMI, votre mutualité suit votre situation et vous contactera si votre accès à l’assurance soins de santé change ; en cas de doute, adressez-vous à elle.
Étape 3 : inscrivez-vous comme demandeur d’emploi
Si ce n’est pas encore fait, inscrivez-vous auprès du service régional de l’emploi de votre domicile : le Forem (Wallonie), Actiris (Bruxelles), l’ADG (Communauté germanophone) ou le VDAB (Flandre).
Quelles aides peut-on toucher après la fin des allocations ?
Même sans allocations de chômage, d’autres aides peuvent rester accessibles selon votre situation :
Bon à savoir
Certains CPAS proposent un accompagnement qui va au-delà de l’aide financière :
aide à la recherche d’emploi, médiation de dettes ou soutien psychologique.
Demandez un rendez-vous même si vous n’êtes pas certain d’avoir droit au RIS : un travailleur social pourra évaluer l’ensemble de votre situation.