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Avec le tiers payant, vous n’avancez plus l’argent chez le médecin : la mutualité paie directement sa part au prestataire et vous ne réglez que ce qui reste à votre charge. Ce mécanisme de la sécurité sociale belge est obligatoire dans certains cas et facultatif dans tous les autres. Voici chez qui vous pouvez en profiter, comment le demander et ce que vous payez encore au cabinet.
Qu’est-ce que le tiers payant ?
En temps normal, vous payez la totalité de la consultation au prestataire de soins, puis votre mutualité vous rembourse sa part. Avec le tiers payant, ce circuit est inversé : vous ne payez sur place que la part des frais qui reste à votre charge, et la mutualité verse directement au prestataire le montant remboursé par l’assurance soins de santé.
Le « tiers », c’est donc votre mutualité : elle paie à votre place la partie qu’elle vous aurait remboursée. Vous n’avez plus à avancer le remboursement ni à attendre le paiement de la mutualité sur votre compte, ce qui change beaucoup quand le budget est serré.
La part que vous payez encore s’appelle le ticket modérateur (ou quote-part personnelle). Si le médecin n’est pas conventionné, un supplément d’honoraires peut s’y ajouter : le tiers payant ne le supprime pas.
Exemple : chez un psychologue conventionné du réseau de soins de première ligne, les séances individuelles sont entièrement gratuites jusqu’à 23 ans inclus. À partir de 24 ans, la première séance est gratuite, puis vous payez 11 € par séance individuelle, ou 4 € si vous bénéficiez de l’intervention majorée. Le reste du tarif est versé au psychologue par l’assurance soins de santé : vous ne voyez jamais passer le montant remboursé. Notre guide du remboursement du psychologue détaille ces séances.
Quand le tiers payant est-il obligatoire ?
Dans la plupart des cas, le prestataire de soins choisit librement d’appliquer ou non le tiers payant. La réglementation l’impose toutefois dans quelques situations précises, fixées par l’INAMI. Dans ces cas-là, le prestataire ne peut pas vous demander d’avancer la part remboursée.
- Chez votre médecin généraliste, si vous bénéficiez de l’intervention majorée (le statut BIM) : le tiers payant est obligatoire depuis le 1er octobre 2015.
- Pour une téléconsultation par vidéo ou par téléphone avec un généraliste : depuis le 1er août 2022, le tiers payant est obligatoire pour tous les patients, avec ou sans statut particulier.
- Pendant une hospitalisation : le tiers payant s’applique d’office au prix de la journée d’hospitalisation et à toutes les prestations réalisées pendant votre séjour.
- Chez le dentiste : pour les soins dentaires des patients atteints d’un cancer ou d’une anodontie ou d’une oligodontie (absence congénitale de dents) : le tiers payant est alors obligatoire pour ces soins.
Important
L’obligation ne vaut pas pour les visites à domicile du généraliste, ni pour ses visites en maison de repos. Pour ces visites, le médecin peut vous demander de payer le montant total.
Pouvez-vous demander le tiers payant sans statut BIM ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2022, un médecin peut appliquer le tiers payant à n’importe quel patient et pour n’importe quelle prestation. Il n’y est pas obligé (en dehors des cas ci-dessus), mais rien ne l’en empêche. L’ancienne liste de situations qui l’autorisait seulement pour certains patients n’existe plus.
Le plus simple est donc de poser la question à votre généraliste ou à l’accueil du cabinet avant la consultation. S’il refuse, il reste dans son droit : vous payez alors la consultation et votre mutualité vous rembourse sa part. Pensez aussi à lui confier votre dossier médical global, qui fait baisser votre ticket modérateur chez lui.
Bon à savoir
Si vous traversez une période difficile, expliquez-le simplement au médecin : il peut appliquer le tiers payant sans justificatif particulier, même pour une seule consultation.
La même liberté vaut chez le dentiste : depuis le 1er janvier 2022, il peut appliquer le tiers payant à toutes ses prestations, quel que soit l’âge du patient. Le logopède le peut aussi pour toute prestation depuis la même date, avec une règle particulière pour les séances données à l’école.
Le coût des soins n’est pas le seul poste qui pèse sur un budget modeste. D’autres aides existent peut-être pour votre situation, parfois sans aucun lien avec la santé.
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Hôpital, pharmacie, kiné : comment ça se passe chez chaque prestataire ?
Le principe est le même partout : la mutualité paie sa part au prestataire et vous réglez la vôtre. Ce qui change, c’est le caractère obligatoire ou facultatif du système et la façon dont vous recevez la facture. Ce tableau résume la situation chez les principaux prestataires.
| Prestataire |
Tiers payant |
| Généraliste, patient avec intervention majorée |
Obligatoire (sauf visites à domicile et en maison de repos) |
| Généraliste, téléconsultation |
Obligatoire pour tous les patients |
| Généraliste ou spécialiste, autres cas |
Possible, au choix du médecin |
| Hospitalisation |
Obligatoire |
| Pharmacie (médicament remboursable) |
Possible, sur présentation de votre eID |
| Dentiste |
Possible ; obligatoire pour certains soins (cancer, anodontie ou oligodontie) |
| Kinésithérapeute, infirmier à domicile |
Possible, au choix du prestataire |
| Psychologue conventionné (première ligne) |
Pas d’avance, quote-part uniquement |
À l’hôpital, vous ne payez rien à l’entrée pour la part remboursée : après votre séjour, vous recevez une facture de votre part personnelle (quote-part, éventuels suppléments de chambre). Pour une simple consultation ambulatoire à l’hôpital, en revanche, l’application du tiers payant reste facultative, sauf si vous bénéficiez de l’intervention majorée et consultez un médecin généraliste : dans ce cas, elle reste obligatoire.
En pharmacie, le tiers payant est possible pour les médicaments remboursables. Vous présentez votre carte d’identité électronique, ou seulement votre numéro de registre national si votre eID a déjà été lue dans cette pharmacie au cours des 15 derniers mois. Le pharmacien ne peut pas l’appliquer pour un médicament non remboursable ou s’il manque un document nécessaire : vous payez alors le montant complet.
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Que payez-vous encore avec le tiers payant ?
Le tiers payant supprime l’avance du remboursement, pas votre part personnelle. Vous payez donc encore le ticket modérateur au prestataire, même si le maximum à facturer peut ensuite vous le rembourser (voir plus bas). Son montant dépend du type de soin, de votre statut et, chez le généraliste, de votre dossier médical global : il est détaillé dans notre article sur le ticket modérateur.
Si le médecin n’est pas conventionné, il peut ajouter un supplément d’honoraires au-dessus du tarif officiel. Ce supplément n’est jamais remboursé par la mutualité, avec ou sans tiers payant.
Attention
Les personnes qui ont l’intervention majorée sont protégées : depuis le 1er janvier 2025 pour le statut obtenu automatiquement, et depuis le 1er janvier 2026 pour le statut obtenu après enquête sur les revenus, un médecin ne peut plus leur facturer de supplément d’honoraires pour des soins ambulatoires.
Enfin, les tickets modérateurs que vous payez restent pris en compte dans le maximum à facturer, qui plafonne chaque année les frais médicaux de votre ménage. Au-delà de ce plafond, la mutualité vous rembourse automatiquement les tickets modérateurs suivants.
Comment obtenir l’intervention majorée pour bénéficier du tiers payant ?
L’intervention majorée (statut BIM) est la clé du tiers payant obligatoire chez le généraliste. Elle réduit aussi votre ticket modérateur. Selon votre situation, vous l’obtenez automatiquement ou après une demande à votre mutualité.
Elle est accordée automatiquement si vous percevez notamment :
Dans les autres cas, vous pouvez introduire une demande auprès de votre mutualité, qui vérifie les revenus de votre ménage. Pour une demande en 2026, les revenus bruts imposables de 2025 ne doivent pas dépasser 28.054,93 € pour une personne seule, montant augmenté de 5.193,74 € par membre supplémentaire du ménage.
Une fois le statut obtenu, votre généraliste doit appliquer le tiers payant au cabinet.
Comment se passe concrètement le tiers payant au cabinet ?
Pour appliquer le tiers payant, le prestataire doit savoir que vous êtes bien assuré et à quelle mutualité vous êtes affilié. Il lit votre carte d’identité électronique (ou la carte ISI+ des enfants qui n’ont pas encore d’eID) et consulte vos données d’assurabilité via MyCareNet, le réseau qui relie les prestataires aux mutualités.
La facturation se fait ensuite par voie électronique. Depuis le 1er septembre 2025, elle est obligatoirement électronique chez les médecins et les dentistes : vous n’avez plus d’attestation papier à envoyer à votre mutualité, sauf situation exceptionnelle. Ces échanges passent par la plateforme eHealth.
Pensez donc à toujours avoir votre eID sur vous quand vous allez chez le médecin, le dentiste ou à la pharmacie. Sans elle, le prestataire ne peut pas toujours vérifier vos droits, et vous risquez de devoir payer le montant complet.
Et si vous ne pouvez pas payer vos soins ?
Le tiers payant réduit ce que vous avancez, mais il reste parfois un montant difficile à assumer. Dans ce cas, le CPAS de votre commune peut vous aider après une enquête sociale. Consultez notre article sur les aides médicales du CPAS et celui sur la carte médicale.
Votre mutualité peut aussi vous renseigner sur ses avantages complémentaires et sur les démarches pour obtenir l’intervention majorée.
En savoir plus
Pour aller plus loin : le ticket modérateur, le statut BIM, le dossier médical global et le maximum à facturer.