Un budget à réduire ?
Contactez gratuitement un conseiller pour réduire vos factures d’électricité / gaz / Internet / assurances.
025 86 21 31
Horaires : 8h - 19h (lun - ven) et 9h30 - 19h (sam). Service partenaire Selectra.
En Belgique, l’aidant proche est la personne qui accompagne régulièrement un membre de son entourage rendu vulnérable par l’âge, la maladie ou le handicap, sans le faire à titre professionnel. Depuis la loi du 12 mai 2014, ce rôle bénéficie d’une reconnaissance officielle et fédérale, valable aussi bien en Wallonie qu’à Bruxelles, qui peut ouvrir de véritables droits sociaux comme un congé indemnisé par l’ONEM. Parmi les dispositifs d’aide sociale, celui-ci reste mal connu : voici les deux niveaux de reconnaissance, la durée et le montant du congé, et les démarches à accomplir auprès de votre mutualité.
Qu’est-ce qu’un aidant proche ?
L’aidant proche est défini par la loi du 12 mai 2014 comme la personne qui apporte une aide et un soutien continus ou réguliers à quelqu’un de son entourage devenu dépendant en raison de son grand âge, de son état de santé ou de son handicap. Cette aide s’exerce à titre non professionnel, de façon gratuite, et en complément d’au moins un intervenant professionnel : l’aidant proche ne remplace pas les soignants, il les épaule. Il peut s’agir d’un conjoint, d’un enfant, d’un parent, d’un ami ou d’un voisin. Beaucoup accompagnent ainsi un parent âgé qui souhaite rester à domicile le plus longtemps possible.
Bon à savoir
Vous n’êtes pas obligé de vivre sous le même toit que la personne que vous aidez : une proximité affective ou simplement géographique suffit pour être reconnu comme aidant proche.
Qui peut être aidant proche, et qui est la personne aidée ?
Pour endosser ce statut, vous devez avoir votre résidence principale en Belgique et y résider de façon permanente et effective, avoir noué une relation de confiance ou de proximité, affective ou géographique, avec la personne aidée, et lui apporter une aide gratuite et non professionnelle dans le respect de son projet de vie. De son côté, la personne aidée doit elle aussi résider en Belgique et se trouver en situation de vulnérabilité et de dépendance. Lorsqu’elle est âgée, cette dépendance peut ouvrir des droits qui lui sont propres, comme l’allocation pour l’aide aux personnes âgées ; lorsqu’elle vit avec un handicap, elle peut relever d’aides telles que l’allocation d’intégration.
Pour être reconnu comme aidant proche, vous devez réunir plusieurs conditions :
- résider de façon permanente en Belgique ;
- entretenir une relation de confiance ou de proximité avec la personne aidée ;
- apporter une aide gratuite et à titre non professionnel ;
- agir en complément d’au moins un intervenant professionnel.
Reconnaissance simple ou reconnaissance avec droits sociaux ?
La loi distingue deux degrés de reconnaissance, et la différence est décisive. La reconnaissance générale, dite simple, atteste seulement de votre rôle : elle n’impose aucun volume d’heures minimum, ne limite pas le nombre d’aidants, mais n’ouvre en elle-même aucun avantage financier. La reconnaissance ouvrant les droits sociaux va plus loin : elle seule donne accès au congé pour aidants proches et à l’allocation de l’ONEM. Toutes deux se demandent auprès de votre mutualité, au moyen d’une déclaration sur l’honneur. Pour la reconnaissance avec droits sociaux, trois conditions s’ajoutent : consacrer au moins 50 heures par mois (ou 600 heures par an) à cette aide ; justifier d’une perte d’autonomie de la personne aidée, évaluée par un médecin selon les seuils fixés par la réglementation ; et ne pas compter plus de trois aidants proches reconnus avec droits sociaux pour une même personne. Depuis le 1er juillet 2026, cette reconnaissance est accordée pour deux ans et reste renouvelable.
Attention
La reconnaissance simple ne donne pas droit au congé indemnisé : sans la reconnaissance ouvrant les droits sociaux, l’ONEM ne verse aucune allocation d’interruption.
| Critère |
Reconnaissance simple |
Reconnaissance avec droits sociaux |
| Heures d’aide minimales |
Aucune |
50 heures par mois ou 600 heures par an |
| Évaluation médicale de la personne aidée |
Non exigée |
Exigée (perte d’autonomie) |
| Nombre d’aidants par personne aidée |
Non limité |
Trois au maximum |
| Accès au congé et à l’allocation ONEM |
Non |
Oui |
| Durée de validité |
Aucun plafond spécifique |
Deux ans, renouvelable |
Vérifier d’emblée le bon niveau de reconnaissance vous évite de devoir recommencer la procédure au moment de solliciter le congé.
Selon votre situation, plusieurs dispositifs peuvent parfois se combiner sans que le lien soit évident au premier abord. En quelques minutes, notre simulateur fait le point sur votre situation et vous oriente gratuitement vers les aides éventuelles.
Calculer mes aides
Le congé pour aidants proches : durée et formes d’interruption
Le congé pour aidants proches est un congé thématique : il vous permet de suspendre ou de réduire votre activité professionnelle pour épauler la personne aidée, tout en percevant une allocation de l’ONEM. Il n’est accessible qu’aux salariés déjà reconnus aidants proches avec droits sociaux pour cette personne. Vous pouvez interrompre complètement votre activité, la réduire à mi-temps ou la réduire d’un cinquième ; ces deux dernières formules supposent toutefois d’être occupé à temps plein au préalable. Depuis la réforme du 1er juillet 2026, le crédit par personne aidée a été doublé et s’aligne désormais sur le maximum atteignable sur l’ensemble de la carrière. Beaucoup de salariés associent d’ailleurs ce congé à l’intervention d’une aide familiale lorsqu’ils continuent de travailler à temps partiel.
| Forme d’interruption |
Par personne aidée |
Maximum sur la carrière |
| Interruption complète |
6 mois (par périodes d’un mois) |
6 mois |
| Réduction à mi-temps (1/2) |
12 mois (par périodes de deux mois) |
12 mois |
| Réduction d’un cinquième (1/5) |
30 mois (par périodes de deux mois) |
30 mois |
Ces durées se convertissent entre elles : un mois d’interruption complète équivaut à deux mois à mi-temps ou à cinq mois à un cinquième temps.
Important
La reconnaissance avec droits sociaux doit être obtenue auprès de votre mutualité avant d’introduire la demande de congé : sans elle, l’employeur et l’ONEM ne peuvent donner suite.
L’allocation d’interruption de l’ONEM : quels montants ?
Pendant le congé, l’ONEM verse chaque mois une allocation d’interruption forfaitaire, c’est-à-dire fixe et indépendante de votre salaire habituel. Son montant dépend de la forme d’interruption choisie et, pour certaines situations familiales, d’une majoration. Les chiffres ci-dessous valent pour le secteur privé, selon le barème en vigueur depuis le 1er mars 2026 ; comme ils sont indexés, vérifiez le montant à jour au moment de votre demande. Il s’agit de montants bruts, dont l’ONEM déduit un précompte professionnel : la somme réellement perçue est donc inférieure.
| Forme d’interruption |
Montant brut mensuel (secteur privé) |
| Interruption complète |
1.058,86 € |
| Réduction à mi-temps (1/2) |
529,42 € |
| Réduction d’un cinquième (1/5) |
179,60 € |
Ces montants sont majorés pour les travailleurs isolés qui vivent avec un ou plusieurs enfants à charge : l’interruption complète peut alors atteindre 1.803,91 € brut par mois. Le congé s’accompagne par ailleurs d’une protection contre le licenciement : à partir de la notification écrite à votre employeur et jusqu’à trois mois après la fin du congé, celui-ci ne peut pas rompre unilatéralement votre contrat, sauf pour un motif étranger à votre absence. Si cette baisse de revenus fragilise votre budget, d’autres dispositifs comme le revenu d’intégration peuvent, sous conditions, prendre le relais.
[example]Un salarié du secteur privé qui interrompt complètement son activité pendant un mois perçoit, selon le barème en vigueur, 1.058,86 € brut. S’il vit seul avec un enfant à charge, ce montant est porté à 1.803,91 € brut pour la même période.[/example]
Les démarches, étape par étape
Les démarches se déroulent en deux temps. D’abord la reconnaissance : vous introduisez une déclaration sur l’honneur auprès de votre mutualité, en précisant si vous visez la reconnaissance simple ou celle qui ouvre les droits sociaux. Pour cette seconde option, la perte d’autonomie de la personne aidée est vérifiée par un médecin. Une fois la reconnaissance accordée, pour deux ans, vient le second temps : la demande de congé proprement dite. Vous notifiez votre employeur par écrit en respectant le préavis prévu, puis vous introduisez votre demande d’allocation auprès de l’ONEM, de préférence par voie électronique. Pensez aussi à vérifier les aides à domicile mobilisables en parallèle.
Bon à savoir
Conservez une copie datée de la notification adressée à votre employeur : c’est elle qui fait courir votre protection contre le licenciement, et elle vous sera utile en cas de litige.
Anticiper ces étapes, en particulier l’évaluation médicale, évite les délais d’attente entre la demande et le premier versement de l’allocation.
Chaque foyer est différent, et les dispositifs se combinent souvent. Notre simulateur examine votre situation dans son ensemble et vous indique gratuitement les pistes que vous pourriez explorer, en toute confidentialité.
Calculer mes aides
Aide à domicile, répit et autres soutiens
Le congé ne résout pas tout, et il n’est qu’un maillon d’un ensemble plus large de soutiens. Au quotidien, l’intervention d’une aide familiale ou d’une aide à domicile pour personnes âgées allège concrètement la charge. Des solutions de répit, comme l’accueil de jour ou les courts séjours, sont par ailleurs organisées au niveau régional pour vous permettre de souffler. Enfin, les aides perçues par la personne aidée, comme l’allocation pour l’aide aux personnes âgées ou l’allocation d’intégration, participent elles aussi au financement de l’accompagnement.
Être aidant proche est un engagement humain avant d’être un statut administratif ; mais faire reconnaître ce rôle, au bon niveau, sécurise votre parcours et vos revenus le temps d’accompagner celui ou celle qui compte pour vous.
En savoir plus
Pour aller plus loin, découvrez comment organiser le maintien à domicile avec une
aide familiale.