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Vous étiez au chômage et vous reprenez un emploi à temps partiel ? Votre salaire risque alors d’être inférieur à ce que vous touchiez sans travailler. L’allocation de garantie de revenus (AGR) sert précisément à combler cet écart : l’ONEM la verse en plus de votre rémunération. Dans ce guide de notre rubrique chômage, vous verrez qui peut en bénéficier, comment son montant est calculé, quelles démarches accomplir et ce que la réforme du chômage change pour elle.
Qu’est-ce que l’allocation de garantie de revenus (AGR) ?
L’allocation de garantie de revenus, souvent abrégée en AGR, est un complément versé par l’ONEM à certains chômeurs qui reprennent un emploi à temps partiel. Elle s’ajoute à votre salaire et vise à vous garantir un revenu global (rémunération + allocation) qui ne soit pas moins intéressant que le chômage complet.
Concrètement, l’ONEM complète votre salaire pour que votre revenu global atteigne au moins votre allocation de chômage si votre emploi ne dépasse pas 1/3 temps. S’il dépasse 1/3 temps, ce revenu global devient supérieur à votre allocation de chômage, et l’écart grandit avec votre horaire de travail, dans les limites de calcul détaillées plus bas.
L’AGR relève de l’assurance chômage fédérale : les règles sont les mêmes en Wallonie et à Bruxelles. Seul l’organisme régional de l’emploi auprès duquel vous devez vous inscrire change selon votre domicile. Pour une vue d’ensemble des statuts à temps partiel, consultez notre article sur le travail à temps partiel.
L’AGR ne remplace pas votre salaire : elle le complète, mois par mois.
Qui peut bénéficier de l’AGR ?
L’ONEM distingue deux profils de travailleurs à temps partiel qui peuvent demander l’AGR : le travailleur à temps partiel avec maintien des droits et le travailleur à temps partiel volontaire. Les conditions de disponibilité ne sont pas les mêmes pour les deux, et le calcul de l’allocation non plus. Commencez donc par identifier votre statut.
Le travailleur à temps partiel avec maintien des droits
Vous travaillez à temps partiel mais vous conservez vos droits aux allocations à temps plein. Pour obtenir ce statut, vous devez travailler au moins 1/10 d’un horaire à temps plein (sauf exceptions), être admissible et indemnisable à temps plein au début de votre occupation, et introduire une demande. Pour toucher l’AGR, vous devez en outre :
- être et rester inscrit comme demandeur d’emploi à temps plein et disponible pour un emploi à temps plein ;
- avoir demandé à votre employeur un emploi à temps plein qui deviendrait vacant dans l’entreprise ;
- demander à votre employeur d’adapter votre contrat si vous prestez régulièrement plus d’heures que prévu.
Le travailleur à temps partiel volontaire
Vous êtes travailleur à temps partiel volontaire lorsque vous ne pouvez prétendre ni à l’assimilation à un temps plein, ni au maintien des droits. Au chômage complet, vous ne touchez alors pas d’allocations entières mais des demi-allocations, calculées selon l’horaire que vous aviez. Pour l’AGR, vous devez rester inscrit comme demandeur d’emploi, disponible pour un emploi convenable, avoir demandé un tel emploi à votre employeur s’il se libère, et demander l’adaptation de votre contrat si vous prestez régulièrement plus d’heures que prévu.
Pour vous, un emploi est convenable si son horaire hebdomadaire moyen ne dépasse pas le nombre d’heures qui vous a ouvert le droit aux demi-allocations, augmenté de 6 heures.
Exemple : vous travailliez auparavant 22 heures par semaine comme travailleur à temps partiel volontaire. Une offre d’emploi est convenable pour vous si son horaire ne dépasse pas 28 heures par semaine (22 + 6).
Les conditions de salaire et d’horaire à respecter
Quel que soit votre statut, l’AGR n’est accordée que si votre emploi à temps partiel reste dans certaines limites. Le salaire et l’horaire sont contrôlés, mais aussi la manière dont vous êtes passé d’un temps plein à un temps partiel. Le tableau ci-dessous résume les conditions fixées par l’ONEM.
| Condition |
Ce que demande l’ONEM |
| Salaire brut mensuel |
Inférieur à 2.233,61 €, à la fois en moyenne et pour le mois concerné |
| Horaire de travail |
Horaire contractuel moyen de 4/5 temps maximum |
| Ancien employeur |
Plus aucune rémunération due (préavis ou indemnité de rupture terminés) |
| Licenciement puis temps partiel chez le même employeur |
Pas d’AGR pendant 3 mois (période de carence) |
| Passage volontaire du temps plein au temps partiel |
Pas d’AGR, sauf dans un plan de restructuration approuvé par le Ministre de l’Emploi |
La condition liée à l’ancien employeur vise surtout le cas où votre emploi à temps partiel commence pendant votre préavis ou pendant la période couverte par une indemnité de rupture. Tant que cette rémunération court, l’AGR n’est pas due.
Attention
Réduire vous-même votre temps de travail vous fait perdre le droit à l’AGR, sauf si ce passage s’inscrit dans un plan de restructuration approuvé.
Si l’AGR ne vous est pas ouverte, d’autres aides peuvent exister selon votre situation familiale, votre logement ou vos revenus.
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Calculer mes aides
Comment est calculé le montant de l’AGR ?
Le calcul se fait chaque mois, sur la base de ce que vous avez réellement gagné et presté. La présentation ci-dessous est simplifiée : elle ne tient pas compte des vacances, absences ou périodes de maladie, qui modifient le résultat. La formule de base de l’ONEM est la suivante :
AGR = allocation de référence + supplément horaire mensuel − rémunération nette
L’allocation de référence
C’est votre allocation mensuelle de chômeur complet, soit 26 fois votre allocation journalière « théorique ». Si vous êtes travailleur avec maintien des droits, il s’agit de l’allocation complète que vous toucheriez au chômage complet au premier jour indemnisable du mois. Si vous êtes travailleur volontaire, l’ONEM prend votre demi-allocation, la multiplie par le nombre de demi-allocations hebdomadaires auxquelles vous avez droit, puis divise par six. Les montants de base sont détaillés dans notre article sur le paiement du chômage.
Ce montant est pris en net. Dans la plupart des cas, net et brut sont identiques : le précompte professionnel de 10,09 % n’est retenu que pendant les 12 premiers mois d’indemnisation d’un travailleur cohabitant.
Le supplément horaire
Seules les heures qui dépassent 1/3 d’un temps plein donnent droit à un supplément. Pour un temps plein de 38 heures par semaine, ce tiers correspond à 55 heures par mois. Chaque heure au-delà rapporte un supplément forfaitaire de 4,18 €. Si votre secteur applique un autre horaire à temps plein, vos heures sont d’abord converties sur une base de 38 heures.
La rémunération nette
L’ONEM part de votre salaire brut du mois, retire une cotisation ONSS de 13,07 %, ajoute le bonus à l’emploi éventuel, puis déduit le précompte professionnel. Pour comprendre ce passage du brut au net, consultez notre guide du salaire brut et net.
Deux limites s’appliquent ensuite. Votre revenu total (salaire net + AGR) ne peut pas dépasser le salaire net que vous toucheriez à temps plein chez le même employeur. Et si le calcul donne moins de 14,93 €, l’AGR est ramenée à zéro.
Exemple : Sophie travaille à mi-temps (19 heures sur 38) avec maintien des droits. Son allocation journalière nette de référence est de 60 € (montant fictif), soit une allocation de référence de 1.560 € (26 × 60 €). Ce mois-ci, elle est payée pour 82 heures : 82 − 55 = 27 heures donnent droit au supplément, soit 112,86 € (27 × 4,18 €). Son salaire net du mois est de 1.150 €. Son AGR vaut donc 1.560 € + 112,86 € − 1.150 € = 522,86 €, et son revenu du mois atteint 1.672,86 €, plus que son allocation de chômage seule. Ce total reste soumis au plafond du salaire net à temps plein.
Votre situation personnelle ne correspond pas tout à fait à cet exemple ? D’autres aides existent peut-être pour vous, selon votre situation familiale, votre logement ou vos revenus.
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Vérifier mes droits
Comment demander l’AGR ?
La demande ne se fait pas directement auprès de l’ONEM mais via votre organisme de paiement : la CAPAC ou votre syndicat (FGTB, CSC ou SYNOVA, anciennement CGSLB). C’est lui qui transmet votre dossier au bureau du chômage de l’ONEM. Trois étapes sont à prévoir.
- Remplir le formulaire C131A-travailleur et le remettre, entièrement complété, à votre organisme de paiement. Si vous demandez le statut de travailleur avec maintien des droits, votre employeur doit aussi envoyer une déclaration électronique (DRS scénario 3).
- Vous présenter à l’organisme régional de l’emploi (le Forem en Wallonie, Actiris à Bruxelles, l’ADG en Communauté germanophone) pour déclarer votre emploi à temps partiel et vous inscrire comme demandeur d’emploi.
- Compléter chaque mois le formulaire C3-temps partiel et le remettre à votre organisme de paiement à la fin du mois. Il sert au calcul de votre AGR du mois.
Les délais sont serrés. Si vous êtes travailleur avec maintien des droits, votre demande doit parvenir au bureau du chômage dans les deux mois qui suivent le début de votre travail à temps partiel. Si vous êtes travailleur volontaire, le délai de deux mois court à partir du lendemain du jour à partir duquel vous souhaitez obtenir l’AGR. Le même délai vaut pour votre passage à l’organisme régional de l’emploi. L’ONEM détaille la procédure dans sa feuille info T70.
Important
Si la demande de statut avec maintien des droits arrive trop tard, ce statut n’est accordé qu’à partir du jour où elle parvient au bureau du chômage : déposez le formulaire C131A dès vos premiers jours de travail.
L’AGR et la réforme du chômage
Depuis la réforme du chômage, le droit aux allocations est, sauf exceptions, limité dans le temps. Pour les personnes qui touchaient déjà des allocations avant la réforme, des mesures transitoires ont fixé les fins de droit par vagues successives, annoncées par une lettre d’avertissement envoyée par courrier ou dans l’eBox. Notre article sur la limitation du chômage dans le temps détaille ce calendrier.
Dans ce cadre, l’ONEM a prévu un maintien temporaire pour les travailleurs à temps partiel : si vous touchez l’AGR au moment où votre droit prend fin, vous pouvez la conserver pendant toute la durée ininterrompue de votre emploi à temps partiel, à condition que cet emploi soit et reste au moins à mi-temps. Si cet emploi s’interrompt ou passe sous le mi-temps, ce maintien ne vous protège plus.
Les personnes qui touchent l’AGR sur la base d’allocations d’insertion forment une vague à part. Elles ont reçu leur lettre d’avertissement à partir de la mi-mars 2026.
Bon à savoir
Le maintien de l’AGR après la fin du droit suppose un emploi qui reste au moins à mi-temps, sans interruption : un horaire juste en dessous du mi-temps ne suffit pas.
AGR, chômage temporaire et autres compléments : ne pas confondre
L’AGR n’est pas le seul complément que l’ONEM peut verser à un travailleur. Plusieurs dispositifs portent des noms proches, et se tromper de formulaire retarde votre dossier.
Si vous êtes travailleur volontaire et que vous reprenez un emploi à temps partiel, l’ONEM vous laisse le choix entre deux régimes : soit l’AGR, soit le maintien de vos demi-allocations, dont on retire 2 demi-allocations par jour presté. Dans ce second cas, vous continuez à utiliser votre carte de contrôle de chômeur complet et vous y indiquez chaque prestation.
Le chômage temporaire est une autre situation : votre contrat est suspendu temporairement (manque de travail, intempéries, force majeure…). Un travailleur à temps partiel, qu’il soit avec maintien des droits ou volontaire, peut y avoir droit, avec des formalités propres (demande d’allocations et carte de contrôle). Enfin, le complément de reprise du travail est un dispositif distinct, avec ses propres conditions.