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Coparentalité fiscale en Belgique : conditions, montants 2027 et déclaration

Le 20 octobre 2026 par Pierre Courtois - 10 minutes de lecture

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Coparentalité fiscale : un père avec ses deux enfants en hébergement égalitaire
Vos enfants vivent autant chez vous que chez leur autre parent depuis la séparation ? Avec la coparentalité fiscale, l’avantage d’impôt lié aux enfants est partagé en deux : chaque parent reçoit la moitié du supplément de quotité exemptée. Rien n’est automatique : il faut une convention enregistrée ou homologuée, ou un jugement, au plus tard le 1er janvier de l’exercice d’imposition. Ce guide, qui complète nos conseils pour mieux gérer vos finances, détaille les conditions, les montants et la déclaration.

Qu’est-ce que la coparentalité fiscale ?

En principe, un enfant est fiscalement à charge d’un seul parent : celui chez qui il est domicilié. Ce parent reçoit alors la totalité du supplément de quotité exemptée d’impôt pour enfants à charge, c’est-à-dire une part de revenu sur laquelle il ne paie pas d’impôt. L’autre parent ne reçoit rien pour cet enfant, même s’il l’héberge la moitié du temps et paie la moitié des frais.

La coparentalité fiscale corrige ce déséquilibre. Quand l’hébergement des enfants est réparti de manière égalitaire entre deux parents qui ne vivent plus ensemble, les suppléments pour ces enfants sont répartis par moitié entre eux. Ce n’est pas une allocation versée sur votre compte : c’est une part de revenu exonérée d’impôt, dont le SPF Finances tient compte dans le calcul de votre impôt. Pour comprendre qui peut être considéré comme enfant à charge, les règles générales restent les mêmes.

La coparentalité fiscale relève de l’impôt fédéral : elle s’applique de la même manière quelle que soit votre région.

Quelles sont les conditions de la coparentalité fiscale ?

Les conditions sont cumulatives : s’il en manque une seule, tout l’avantage reste chez le parent qui a l’enfant fiscalement à charge. La plus importante est la preuve écrite de l’hébergement égalitaire. Un accord oral ou un rythme d’une semaine sur deux appliqué en pratique ne suffit pas.

  • Vous ne faites pas partie du même ménage que l’autre parent.
  • Vous respectez tous les deux votre obligation d’entretien envers vos enfants communs.
  • Les enfants sont fiscalement à charge de l’un de vous deux et donnent droit aux suppléments pour enfants.
  • L’hébergement égalitaire est prévu par une convention enregistrée ou homologuée par un juge, qui mentionne expressément cet hébergement égalitaire et votre accord pour répartir les suppléments, ou par une décision judiciaire qui mentionne expressément l’hébergement égalitaire.
  • Cette convention est enregistrée ou homologuée, ou cette décision est rendue, au plus tard le 1er janvier de l’exercice d’imposition.
  • Aucun de vous deux ne déduit de pension alimentaire (« rentes alimentaires » en langage fiscal) pour cet enfant, sauf si elle concerne uniquement la période qui précède l’hébergement égalitaire.

Le délai du 1er janvier se lit avec l’exercice d’imposition, pas avec l’année des revenus. Pour vos revenus de 2026, déclarés en 2027 (exercice d’imposition 2027), la convention ou le jugement doit donc exister au plus tard le 1er janvier 2027.

Important
Un enfant n’est fiscalement à charge que si ses propres ressources nettes restent sous un plafond légal. Si votre enfant travaille comme étudiant, vérifiez ce plafond : s’il le dépasse, il n’est plus à charge et le supplément disparaît pour les deux parents.

Les revenus d’un job étudiant sont en partie neutralisés dans ce calcul, mais pas sans limite.

Combien chaque parent reçoit-il ?

Chaque parent reçoit la moitié du supplément auquel donnent droit les enfants en hébergement égalitaire. Ce supplément est fixé sans tenir compte des autres enfants qui vivent dans le ménage de l’un ou l’autre parent. Les montants sont indexés chaque année : le tableau ci-dessous reprend ceux publiés par le SPF Finances pour vos revenus de 2026 (exercice d’imposition 2027, déclaration introduite en 2027), et leur moitié.

Enfants en hébergement égalitaire Supplément total Moitié par parent
Un enfant 2.130 € soit 1.065 €
Deux enfants 5.130 € soit 2.565 €
Trois enfants 11.440 € soit 5.720 €
Quatre enfants 18.510 € soit 9.255 €
Par enfant au-delà du quatrième 7.070 € en plus soit 3.535 € en plus

Une réforme fiscale votée en 2026 relève les suppléments pour un et deux enfants dès l’exercice d’imposition 2027, et prévoit de les augmenter encore chaque année jusqu’à l’exercice d’imposition 2030.

Un supplément de quotité exemptée n’est pas une somme que vous touchez : c’est une part de revenu exonérée d’impôt. L’économie réelle dépend de vos revenus et des tranches de l’impôt des personnes physiques. Le SPF Finances fait le calcul lui-même : vous devez seulement remplir la bonne rubrique.

Le supplément pour parent isolé est-il aussi partagé ?

Non. Un contribuable imposé isolément qui a des enfants à charge bénéficie d’une majoration de sa quotité exemptée. Cette majoration est aussi accordée au parent isolé qui reçoit la moitié des suppléments grâce à la coparentalité fiscale.

Il n’est pas divisé : chaque parent imposé isolément reçoit le montant complet, soit 1.980 € pour l’exercice d’imposition 2027 (revenus de 2026).

Exemple : Sophie et Marc sont séparés et ont une fille de 8 ans, domiciliée chez Sophie, qui vit une semaine sur deux chez chacun. Leur convention, homologuée par le juge en 2025, mentionne l’hébergement égalitaire et leur accord pour partager les suppléments. Tous deux vivent seuls. Pour leurs revenus de 2026, chacun reçoit 1.065 € de supplément pour leur fille et 1.980 € comme parent isolé. Sans coparentalité fiscale, Sophie aurait reçu 2.130 € et 1.980 €, et Marc rien : ni supplément pour sa fille, ni supplément de parent isolé, puisqu’il n’aurait aucun enfant à charge.

Ce mécanisme n’enlève rien aux autres soutiens liés à votre situation : les aides aux familles monoparentales obéissent à leurs propres règles.

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Coparentalité fiscale ou déduction de la pension alimentaire ?

Les deux ne se cumulent pas pour le même enfant. Si l’un des parents déduit une pension alimentaire pour un enfant dont l’hébergement est égalitaire, les suppléments pour cet enfant ne sont pas partagés : la coparentalité fiscale ne s’applique pas à lui.

En hébergement égalitaire, un parent verse parfois une contribution alimentaire à l’autre, par exemple quand les revenus sont très différents. Celui qui voudrait la déduire comme pension alimentaire fait donc perdre le partage pour cet enfant, sauf si cette pension concerne uniquement la période qui précède l’hébergement égalitaire. Et le choix ne se fait qu’une fois : si la coparentalité fiscale a déjà été appliquée pour cet enfant lors d’un exercice d’imposition antérieur, la pension payée pour lui n’est plus déductible. Faites donc le calcul avant d’appliquer la coparentalité fiscale pour la première fois.

Attention
Si la pension alimentaire qui vous est due n’est pas payée, le SECAL peut, sous conditions, verser des avances et récupérer les montants auprès du parent débiteur.

Les conditions de ce service sont détaillées dans notre article sur le SECAL.

Et pour un enfant de moins de 3 ans ?

Pour chaque enfant qui n’a pas encore 3 ans au 1er janvier de l’exercice d’imposition et pour lequel aucune dépense de garde n’est déduite, il existe un supplément de quotité exemptée de 740 € (exercice d’imposition 2027). En coparentalité fiscale, la moitié de ce supplément va au parent qui ne demande pas la réduction d’impôt pour garde d’enfants.

Si votre enfant va en crèche ou chez une accueillante, comparez les deux options : la réduction pour frais de garde peut rapporter davantage, mais elle suppose que vous ayez des revenus professionnels. Les tarifs et l’attestation fiscale sont expliqués dans notre article sur la crèche ONE.

Comment déclarer la coparentalité fiscale ?

La coparentalité fiscale se mentionne dans votre déclaration d’impôt, dans le cadre II, consacré aux personnes à charge. Il y a deux rubriques distinctes selon le domicile des enfants : chaque parent remplit donc une rubrique différente pour les mêmes enfants.

  • Les enfants sont domiciliés chez vous et la moitié de l’avantage va à l’autre parent : vous les indiquez dans la rubrique prévue pour ce cas.
  • Les enfants sont domiciliés chez l’autre parent et la moitié de l’avantage vous revient : vous les indiquez dans l’autre rubrique.

Les enfants en coparentalité ne se mentionnent pas dans la rubrique habituelle des enfants entièrement à charge. Si vous recevez une proposition de déclaration simplifiée ou si vous passez par Tax-on-web, vérifiez que les enfants sont bien placés.

Vous indiquez seulement le nombre d’enfants dans la bonne rubrique : le calcul est fait par le SPF Finances et apparaît dans votre avertissement-extrait de rôle. Gardez une copie de la convention ou du jugement à la disposition de l’administration.

Que faire sans convention ni jugement ?

Sans convention enregistrée ou homologuée, ou sans décision judiciaire qui mentionne expressément l’hébergement égalitaire, il n’y a pas de coparentalité fiscale. C’est le cas même si vos enfants vivent en pratique une semaine sur deux chez chacun. L’enfant reste alors entièrement à charge du parent chez qui il est domicilié.

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Pour bénéficier du partage, faites enregistrer ou homologuer votre accord, ou obtenez un jugement, au plus tard le 1er janvier de l’exercice d’imposition visé. Si vous êtes en pleine séparation, demandez que la convention mentionne expressément l’hébergement égalitaire et votre accord pour répartir les suppléments. Si vos revenus sont modestes, l’aide juridique de deuxième ligne, entièrement ou partiellement gratuite selon vos revenus, pourrait couvrir les honoraires de votre avocat.

Les autres aides pour les parents séparés

La coparentalité fiscale ne règle que l’impôt. Les allocations familiales suivent leurs propres règles, fixées par chaque entité fédérée (Wallonie, Bruxelles, Flandre et Communauté germanophone) : consultez les pages consacrées aux allocations familiales en Wallonie et aux allocations familiales à Bruxelles.

Votre composition de ménage au 1er janvier de l’exercice d’imposition détermine qui peut être considéré comme à charge, et donc une partie de vos avantages fiscaux. Si votre situation familiale change encore (remariage, cohabitation légale), relisez ces règles avant votre déclaration.

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Autres questions fréquentes

Diplômé d'un master en management et marketing, Pierre écrit sur le domaine des aides et de l'administration en Belgique depuis plus d'un an. N'hésitez pas à le contacter en espace commentaire si vous avez une question.


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