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Vos allocations d’insertion, versées dans le cadre du chômage après les études, arrivent à leur terme ? Si vous avez été reconnu demandeur d’emploi non mobilisable par le service régional de l’emploi (Actiris, ADG, Forem, VDAB) avant la fin de votre droit aux allocations d’insertion, que cette reconnaissance est toujours en cours et que vous collaborez aux actions d’accompagnement proposées, l’ONEM peut vous verser des allocations de sauvegarde. Voici à quelles conditions, pour quels montants et pendant combien de temps.
Qu’est-ce que l’allocation de sauvegarde ?
L’allocation de sauvegarde est une allocation de l’ONEM destinée aux demandeurs d’emploi qui touchaient des allocations d’insertion (les allocations accordées après les études) et qui arrivent à la fin de leur droit. Elle permet de continuer à percevoir une allocation à ceux qui, à l’expiration de leurs allocations d’insertion, ne sont pas en mesure de travailler.
Elle concerne une situation précise : celle du demandeur d’emploi non mobilisable. Il s’agit d’une personne qui fait face à une combinaison de facteurs psycho-médico-sociaux qui affectent durablement sa santé ou son intégration sociale ou professionnelle, au point de ne pas pouvoir travailler, ni dans le circuit économique normal, ni dans le cadre d’un travail adapté ou encadré.
Avec la réforme du chômage, pour une première demande à partir du 1er mars 2026, le droit aux allocations d’insertion est limité à 12 mois, éventuellement prolongés.
Bon à savoir
Deux niveaux de pouvoir interviennent : la reconnaissance comme non mobilisable est décidée par le service régional de l’emploi, mais c’est l’ONEM qui paie l’allocation, via votre organisme de paiement.
Qui peut bénéficier des allocations de sauvegarde ?
Les conditions fixées par l’ONEM sont cumulatives : il faut les remplir toutes en même temps. Le point le plus important est le calendrier, car la reconnaissance comme non mobilisable doit déjà exister au moment où votre droit aux allocations d’insertion s’éteint.
- Votre droit aux allocations d’insertion est éteint.
- Avant la date de fin de ce droit, vous avez été reconnu comme demandeur d’emploi non mobilisable par le service régional de l’emploi compétent, à l’issue ou au cours d’un trajet d’accompagnement spécifique ou adapté.
- Vous vous trouvez toujours dans la période couverte par cette reconnaissance.
- Vous collaborez activement au processus d’accompagnement spécifique que vous propose ce service.
D’autres règles s’ajoutent : vous devez avoir votre résidence habituelle en Belgique et y résider effectivement. Vous ne devez pas non plus être inapte au travail (plus de 66 % d’incapacité) : dans ce cas, vous ne pouvez pas bénéficier des allocations de sauvegarde et, en cas de maladie, c’est la mutuelle qui vous indemnise (voir notre page sur l’incapacité de travail).
Attention
Vous touchez des allocations de chômage (et non d’insertion) et vous êtes reconnu non mobilisable ? Vous gardez vos allocations de chômage, mais vous n’avez pas droit aux allocations de sauvegarde et la limitation dans le temps du chômage continue de s’appliquer.
Comment être reconnu demandeur d’emploi non mobilisable ?
La reconnaissance ne se demande pas à l’ONEM ni à votre organisme de paiement, mais au service régional de l’emploi de votre domicile : le Forem en Wallonie, Actiris à Bruxelles, l’ADG dans les 9 communes de la Communauté germanophone et le VDAB en Flandre.
Ce service évalue votre situation avec un outil de screening reconnu au niveau international, l’ICF (International Classification of Functioning, Disability and Health). La reconnaissance est accordée pour 2 ans et peut être renouvelée chaque fois pour 2 ans, après une nouvelle évaluation.
Elle prend fin si elle n’est pas renouvelée au terme des 2 ans, ou si le service régional constate que vous êtes à nouveau disponible pour le marché de l’emploi à temps plein, par exemple parce que vous êtes désormais en mesure de reprendre le travail.
Important
La reconnaissance doit être en cours de validité au moment précis où votre droit aux allocations d’insertion prend fin : si elle arrive après cette date, l’allocation de sauvegarde ne peut pas être accordée.
Quel est le montant de l’allocation de sauvegarde en 2026 ?
Le montant journalier de l’allocation de sauvegarde est égal à celui de l’allocation d’insertion. Il s’agit d’un montant forfaitaire qui dépend de votre situation familiale et de votre âge, et qui est indexé. Les montants ci-dessous sont ceux publiés par l’ONEM, valables à partir du 1er septembre 2026.
| Situation familiale |
Âge |
Montant journalier |
Montant mensuel |
| Cohabitant avec charge de famille |
Tous âges |
70,64 € par jour |
1.836,64 € par mois |
| Isolé |
Moins de 18 ans |
19,31 € par jour |
502,06 € par mois |
| Isolé |
De 18 à 20 ans |
30,36 € par jour |
789,36 € par mois |
| Isolé |
À partir de 21 ans |
52,60 € par jour |
1.367,60 € par mois |
| Cohabitant |
Moins de 18 ans |
15,92 € par jour |
413,92 € par mois |
| Cohabitant |
18 ans et plus |
25,38 € par jour |
659,88 € par mois |
| Cohabitant privilégié (conjoint avec uniquement des revenus de remplacement) |
Moins de 18 ans |
18,02 € par jour |
468,52 € par mois |
| Cohabitant privilégié (conjoint avec uniquement des revenus de remplacement) |
18 ans et plus |
28,95 € par jour |
752,70 € par mois |
Exemple : prenons Sarah, 23 ans, qui vit seule. Ses allocations d’insertion s’arrêtent alors que le Forem l’a reconnue comme non mobilisable quelques mois plus tôt. Si elle remplit toutes les conditions, elle peut percevoir l’allocation de sauvegarde au taux isolé à partir de 21 ans, soit 52,60 € par jour, soit 1.367,60 € par mois selon l’ONEM.
En principe, aucun précompte professionnel n’est retenu sur les allocations de sauvegarde, à condition que vous ne perceviez aucun revenu d’activité professionnelle en plus de vos allocations.
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Combien de temps dure l’allocation de sauvegarde ?
Vous touchez l’allocation de sauvegarde jusqu’à la fin de la période de 2 ans pendant laquelle vous êtes reconnu comme non mobilisable, et aussi longtemps que cette reconnaissance est renouvelée. Il n’y a donc pas de durée fixe identique pour tout le monde : tout dépend des évaluations du service régional de l’emploi.
Si, pendant ou à la fin de cette période, le service régional atteste que vous êtes à nouveau disponible sur le marché de l’emploi, vous pouvez, à certaines conditions, conserver l’allocation de sauvegarde pendant une période supplémentaire de 2 ans maximum.
Aujourd’hui, ce passage se fait automatiquement : le Forem et l’ADG (depuis le 1er décembre 2024), le VDAB (depuis le 1er avril 2025) et Actiris (depuis le 1er janvier 2026) transmettent l’information à l’ONEM par voie électronique. En principe, vous n’avez ni demande à introduire, ni attestation papier à fournir. Pour une disponibilité attestée avant ces dates, il fallait une attestation papier jointe à une demande d’allocations sur le formulaire C36sexies.
Comment obtenir l’allocation de sauvegarde ?
En principe, vous n’avez aucune demande d’allocations à introduire auprès de votre organisme de paiement. L’allocation est accordée sur la base des informations que le service régional de l’emploi transmet à l’ONEM. Votre démarche consiste surtout à obtenir à temps la reconnaissance comme non mobilisable auprès du Forem, d’Actiris, de l’ADG ou du VDAB.
Deux situations demandent une démarche de votre part :
- Si, à la date de fin de vos allocations d’insertion, vous êtes indemnisé par la mutuelle, renseignez-vous auprès de votre organisme de paiement.
- Après une interruption d’au moins 4 semaines (reprise de travail, maladie…), vous devez introduire une nouvelle demande d’allocations auprès de votre organisme de paiement : la CAPAC, la FGTB, la CSC ou SYNOVA (ex-CGSLB).
Pour être réadmis après une telle interruption, il faut avoir perçu au moins une allocation de sauvegarde dans les 3 ans qui précèdent la demande, remplir à nouveau les conditions et ne pas en avoir été exclu auparavant pour refus de collaborer à l’accompagnement. Si vous remplissez les conditions pour être admis aux allocations de chômage, ce sont alors des allocations de chômage qui vous sont versées.
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Vos obligations pendant les allocations de sauvegarde
Être reconnu non mobilisable ne vous dispense pas de toutes les règles du chômage. Vous devez rester inscrit comme demandeur d’emploi auprès du service régional et respecter une obligation de disponibilité passive : accepter tout emploi convenable, ne pas poser de conditions injustifiées à votre remise au travail et collaborer positivement à l’accompagnement proposé.
En revanche, vous êtes dispensé de rechercher activement un emploi pendant la période de reconnaissance. Le contrôle de la disponibilité active redevient applicable à partir du 1er jour du 3e mois qui suit celui au cours duquel la reconnaissance prend fin, ou plus tard lorsque vous remplissez à nouveau les conditions pour être convoqué.
Chaque mois, vous complétez votre carte de contrôle, papier ou électronique, comme tout demandeur d’emploi indemnisé. Vous n’avez pas à y indiquer que vous touchez des allocations de sauvegarde. Les dispenses ordinaires restent possibles (études, formation, stage ou dispense pour aidant proche), tout comme l’allocation de garantie de revenus si vous travaillez à temps partiel, aux conditions habituelles.
Attention
Refuser de collaborer positivement aux actions d’accompagnement proposées par le Forem, Actiris, l’ADG ou le VDAB peut vous faire perdre votre droit aux allocations de sauvegarde.
Et si vous n’avez pas droit à l’allocation de sauvegarde ?
Si vous n’avez pas été reconnu non mobilisable avant la fin de votre droit aux allocations d’insertion, l’allocation de sauvegarde n’est pas possible. Dans ce cas, renseignez-vous auprès du CPAS de votre commune au sujet du revenu d’intégration. Notre article sur la limitation du chômage détaille ce qui se passe en fin de droit.