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Vous reprenez le travail et vous souhaitez continuer à allaiter ? En Belgique, il n’existe pas de « congé d’allaitement » au sens d’un congé de plusieurs semaines : la loi prévoit des pauses d’allaitement pendant la journée de travail, indemnisées par votre mutualité, et, si votre poste présente un risque, un écartement du travail. Ces deux mécanismes font partie des droits liés à l’emploi des jeunes mères salariées, dans la continuité du congé de maternité.
Existe-t-il un congé d’allaitement en Belgique ?
Quand on parle de congé d’allaitement, on désigne en réalité deux droits différents. Le premier, ce sont les pauses d’allaitement : vous continuez à travailler, mais vous pouvez interrompre votre journée pour allaiter votre enfant ou tirer votre lait. Le second, c’est l’écartement : votre employeur doit vous retirer d’un poste dangereux pour vous ou pour votre bébé, et votre mutualité compense la perte de salaire.
Ces règles relèvent du droit du travail et de l’assurance maladie-invalidité, deux matières fédérales : elles sont donc les mêmes que vous travailliez en Wallonie, à Bruxelles ou ailleurs en Belgique. Dans les deux cas, ce n’est pas votre employeur qui vous paie pendant ces heures, mais votre mutualité, comme pendant le repos de maternité.
| Dispositif |
Pauses d’allaitement |
Écartement pour allaitement |
| Situation |
Vous travaillez et vous allaitez |
Votre poste présente un risque pour vous ou votre enfant |
| Durée |
Jusqu’à 9 mois après la naissance |
Écartement total : jusqu’à 5 mois maximum à dater de l’accouchement |
| Indemnité |
82 % de la rémunération horaire brute, sans plafond |
60 % du salaire journalier brut, plafonné |
| Qui paie |
La mutualité |
La mutualité |
Bon à savoir
Les pauses d’allaitement servent aussi à tirer votre lait : votre bébé n’a pas besoin d’être gardé à proximité de votre lieu de travail pour que vous y ayez droit.
Qui a droit aux pauses d’allaitement ?
Les pauses d’allaitement sont réservées aux travailleuses salariées, c’est-à-dire aux femmes liées à leur employeur par un contrat de travail. Votre régime horaire importe peu : une travailleuse à temps partiel y a droit aussi, à condition que sa journée de travail soit assez longue (voir plus bas).
Deux situations fréquentes n’ouvrent en revanche aucun droit aux pauses d’allaitement. Si vous percevez des allocations de chômage, l’INAMI est clair : vous n’y avez pas droit. Et si vous êtes travailleuse indépendante, la protection de la maternité se limite au repos de maternité payé par votre mutualité, sans pauses d’allaitement ni écartement.
Attention
Travailleuse indépendante ou demandeuse d’emploi indemnisée : les pauses d’allaitement ne vous concernent pas. Vérifiez plutôt vos droits au repos de maternité auprès de votre mutualité.
Combien de pauses par jour et jusqu’à quand ?
Une pause d’allaitement dure une demi-heure. Le nombre de pauses dépend des heures que vous prestez réellement ce jour-là, et non de votre horaire hebdomadaire. Elles vous permettent d’allaiter votre enfant ou de tirer votre lait : les deux usages sont prévus.
- Une journée de 4 heures ou plus donne droit à une pause d’une demi-heure.
- Une journée d’au moins 7 heures 30 donne droit à deux pauses d’une demi-heure, que vous pouvez prendre en une seule fois (une heure) ou en deux fois.
- Une journée de moins de 4 heures ne donne droit à aucune pause.
La durée des pauses est comprise dans votre journée de travail : vous ne restez pas plus tard pour les rattraper. Vous pouvez en bénéficier pendant 9 mois à partir de la naissance de votre enfant, que vous repreniez le travail juste après votre congé de maternité ou plus tard.
Exemple : Sophie preste 18 heures par semaine, réparties en une journée de 3 heures, une de 7 heures et une de 8 heures. Le jour de 3 heures, elle n’a droit à aucune pause. Le jour de 7 heures, elle prend une pause et travaille effectivement 6 heures 30. Le jour de 8 heures, elle prend deux pauses et travaille effectivement 7 heures.
Le moment des pauses se fixe d’un commun accord avec votre employeur, et peut être revu si votre rythme d’allaitement évolue. À défaut d’accord, les pauses se placent juste avant ou juste après les temps de repos prévus par le règlement de travail. Pour allaiter ou tirer votre lait, l’employeur met à votre disposition un local discret, aéré, éclairé, propre et chauffé ; vous pouvez aussi convenir ensemble d’un autre endroit, comme la crèche ou votre domicile.
Quel montant verse la mutualité pendant les pauses ?
Pendant vos pauses, votre contrat de travail est suspendu : votre employeur ne vous paie pas ces demi-heures. C’est votre mutualité qui prend le relais avec une allocation pour pauses d’allaitement égale à 82 % de votre rémunération horaire brute. Contrairement à la plupart des indemnités de l’assurance maladie-invalidité, ce pourcentage s’applique à votre salaire sans plafond.
Le montant est calculé chaque mois à partir de la perte de salaire réellement subie. Vous et votre employeur remplissez une attestation mensuelle destinée à la mutualité, qui vaut demande d’indemnisation. C’est sur cette base que la mutualité fixe et verse votre allocation, selon son propre calendrier de paiement.
Exemple : prenons un cas fictif. Julie gagne 18 € bruts de l’heure et travaille 8 heures par jour. Elle prend chaque jour ses deux pauses d’une demi-heure, soit une heure non payée par l’employeur. Sa mutualité lui verse 82 % de 18 €, soit 14,76 € bruts par jour de travail. Sur un mois de 21 jours prestés, cela représente 309,96 € bruts, en plus du salaire que lui verse son employeur pour ses 7 heures travaillées.
Pour vérifier le calcul, gardez vos fiches de paie : c’est votre rémunération horaire brute, et non votre salaire net, qui sert de base à l’allocation.
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Comment demander vos pauses d’allaitement ?
Le droit aux pauses d’allaitement n’est pas automatique : c’est à vous de le déclencher, et le délai de prévenance est long. Si vous voulez reprendre le travail avec des pauses dès la fin de votre congé de maternité, prévenez votre employeur pendant ce congé, ou même avant votre accouchement.
- Prévenez votre employeur 2 mois à l’avance, par lettre recommandée ou en lui remettant un écrit dont il signe le double pour réception. Ce délai peut être raccourci si votre employeur est d’accord.
- Apportez la preuve de l’allaitement au début de la période : une attestation d’une consultation pour nourrissons (ONE ou Kind en Gezin) ou un certificat médical, au choix.
- Renouvelez cette preuve chaque mois auprès de votre employeur, à la date anniversaire du début de vos pauses.
- Envoyez chaque mois l’attestation de perte de salaire, complétée avec votre employeur, à votre mutualité. Vous obtenez ce formulaire auprès de votre mutualité.
Important
Les 9 mois se comptent à partir de la naissance, et non à partir de votre première pause : plus vous prévenez tard, moins il vous reste de temps pour les prendre, sauf si votre employeur accepte de raccourcir le préavis de 2 mois.
La page officielle de l’INAMI sur les pauses d’allaitement reprend ces démarches. Pour toute question sur votre dossier, votre mutualité reste votre interlocutrice, qu’il s’agisse de la Mutualité chrétienne, de Solidaris ou de Partenamut.
Les pauses d’allaitement ne sont qu’un des droits liés à l’arrivée d’un enfant. Selon votre situation, d’autres dispositifs peuvent vous concerner.
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L’écartement pour allaitement : quand votre poste présente un risque
Certains postes sont incompatibles avec l’allaitement : exposition à des agents chimiques cancérigènes, froid ou chaleur extrêmes, port de charges lourdes. Dans ce cas, votre employeur ne peut pas vous laisser travailler à ce poste. Il doit vous envoyer chez le médecin du travail, qui rend un avis sur les mesures à prendre.
Quelles mesures peut prendre votre employeur ?
Selon la situation, l’employeur aménage temporairement vos conditions ou votre temps de travail, vous affecte à un autre poste compatible avec votre état ou, si c’est impossible, vous écarte totalement du travail. Les travailleuses qui allaitent ne peuvent pas non plus effectuer d’heures supplémentaires, sauf exceptions (fonctions dirigeantes ou postes de confiance, par exemple).
Quelle indemnité pendant l’écartement ?
En cas d’écartement total, votre mutualité vous verse 60 % de votre salaire journalier brut, limité au plafond salarial, pendant 5 mois au maximum à dater de l’accouchement. En cas d’écartement partiel avec un travail adapté moins bien payé, l’indemnité correspond à 60 % de la différence entre votre ancien et votre nouveau salaire brut, elle aussi plafonnée. Depuis le 1er septembre 2026, l’indemnité journalière d’écartement est limitée à 113,62 € bruts (régime de 6 jours par semaine).
Pour être indemnisée, vous transmettez à votre mutualité l’attestation d’écartement complétée par votre employeur et une copie du formulaire d’évaluation de santé du médecin du travail. Votre mutualité retient un précompte professionnel de 11,11 % sur ces indemnités.
L’écartement ne s’invente pas : il découle toujours de l’avis du médecin du travail.
Êtes-vous protégée contre le licenciement ?
Oui. Dès que votre employeur est informé que vous exercez votre droit aux pauses d’allaitement, il ne peut plus vous licencier pour une raison liée à l’allaitement ou au fait de tirer votre lait. Cette protection dure jusqu’à un mois après l’expiration de la dernière attestation ou du dernier certificat médical que vous lui avez remis.
Un licenciement reste possible pendant cette période, mais uniquement pour des motifs étrangers à l’allaitement, et c’est à l’employeur d’en apporter la preuve. Vous pouvez lui demander de vous communiquer ces motifs par écrit. Si le motif n’est pas valable, ou s’il n’y en a pas, l’employeur doit vous verser une indemnité forfaitaire égale à 6 mois de rémunération brute, en plus des indemnités de licenciement habituelles.
Attention
Cette indemnité de 6 mois ne s’ajoute pas à celle qui protège la travailleuse enceinte : on ne peut pas toucher les deux pour un même licenciement.
Et après 9 mois : quelles solutions pour rester auprès de votre enfant ?
Les pauses d’allaitement s’arrêtent au plus tard aux 9 mois de l’enfant. Si vous souhaitez réduire votre temps de travail plus longtemps, le congé parental permet de suspendre ou de réduire vos prestations avec une allocation de l’ONEM, et le crédit-temps peut ensuite prolonger une réduction de vos prestations selon votre situation.
Côté budget, pensez aussi aux aides liées à l’arrivée d’un enfant : la prime de naissance, les allocations familiales, qui dépendent de votre région, et l’allocation de garde d’enfant quand votre bébé entre en crèche. Le second parent dispose de son côté du congé de naissance (ex-congé de paternité).