Un budget à réduire ?
Contactez gratuitement un conseiller pour réduire vos factures d’électricité / gaz / Internet / assurances.
025 86 21 31
Horaires : 8h - 19h (lun - ven) et 9h30 - 19h (sam). Service partenaire Selectra.
En Belgique, ce que presque tout le monde appelle encore le congé de paternité porte depuis 2022 un nom officiel différent : le congé de naissance. Il permet au père ou au coparent de s’absenter 20 jours à la naissance de son enfant : pour un travailleur salarié, 3 jours payés par l’employeur et 17 jours indemnisés par la mutualité. Ce congé fait partie des droits liés à l’emploi les mieux protégés par la loi, mais son montant réel, son délai de 4 mois et ses démarches restent mal connus. Et les règles ne sont pas les mêmes selon que vous êtes travailleur salarié ou indépendant.
Congé de paternité ou congé de naissance : de quoi parle-t-on ?
Le changement de nom n’est pas cosmétique, il est inscrit dans la loi. La loi du 7 octobre 2022, publiée au Moniteur belge le 31 octobre 2022 et entrée en vigueur le 10 novembre 2022, a remplacé dans le texte les mots « congé de paternité » par « congé de naissance ». La raison est simple : le droit ne dépend pas du fait d’être un père, mais du lien juridique avec l’enfant, ce qui inclut la coparente. Dans le langage courant, les deux expressions désignent la même chose.
Il s’agit d’une matière 100 % fédérale : elle relève du SPF Emploi pour le droit au congé et de l’INAMI, via votre mutualité, pour l’indemnité. Les règles sont donc identiques en Wallonie et à Bruxelles, contrairement aux allocations familiales, qui, elles, sont régionalisées et changent selon votre lieu de résidence.
Bon à savoir
L’expression « congé de paternité » désigne aussi, en droit belge, un tout autre dispositif : la conversion du congé de maternité au profit de l’autre parent lorsque la mère décède ou est hospitalisée.
Combien de jours de congé de paternité en Belgique ?
La réponse actuelle est 20 jours, et elle vaut pour tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2023. Ce chiffre est le résultat d’un relèvement en deux étapes prévu par la loi-programme du 20 décembre 2020, qui a porté le droit de 10 à 15, puis à 20 jours. Un seul repère à retenir : c’est la date de naissance de l’enfant qui détermine le nombre de jours, et non la date à laquelle vous prenez votre congé.
| Naissance de l’enfant |
Durée du congé de naissance |
| Jusqu’au 31 décembre 2020 |
10 jours |
| À partir du 1er janvier 2021 |
15 jours |
| À partir du 1er janvier 2023 |
20 jours (régime en vigueur) |
En cas de jumeaux ou de naissance multiple, le droit n’est reconnu qu’une seule fois. Deux enfants nés le même jour ouvrent donc 20 jours de congé, pas 40. Le nombre de jours ne dépend pas non plus de votre régime de travail : un salarié à temps partiel a droit au même nombre de jours qu’un collègue à temps plein.
Attention
Les chiffres de 25 ou 28 jours viennent du régime français, qui ne s’applique pas en Belgique : la loi belge s’arrête à 20 jours.
Qui a droit au congé de naissance ?
Le congé s’adresse au parent qui n’a pas accouché et qui a un lien avec l’enfant. Il vise les travailleurs engagés sous contrat de travail : le secteur privé et le personnel contractuel du secteur public. Les fonctionnaires statutaires en sont exclus et relèvent des règles propres à leur administration, tout comme les indépendants, qui disposent de leur propre système.
La loi organise ensuite les bénéficiaires par ordre de priorité, ce qui signifie qu’une seule personne peut ouvrir le droit pour une même naissance. Viennent d’abord le père ou la coparente juridiques, c’est-à-dire ceux à l’égard desquels la filiation est établie. À défaut seulement, le droit peut s’ouvrir au coparent sans lien de filiation.
- 1er rang : le père ou la coparente juridiques de l’enfant.
- 2e rang, cohabitation légale : le coparent qui cohabite légalement avec la mère, chez qui l’enfant a sa résidence principale. Aucune durée minimale n’est exigée.
- 2e rang, cohabitation de fait : le coparent qui cohabite de manière permanente et affective depuis 3 ans ininterrompus avant la naissance, sur preuve d’un extrait du registre de la population.
Côté contrat, aucune ancienneté n’est réclamée : le droit au congé vaut en CDI, en CDD, en intérim comme à temps partiel. Les statuts particuliers, comme le flexi-job, suivent des règles de cotisations spécifiques : dans ce cas, interrogez votre mutualité sur votre droit à l’indemnité. En revanche, l’indemnité versée par la mutualité obéit à ses propres conditions, les mêmes que pour les indemnités de maternité : un stage de 6 mois comptant 120 jours de travail à temps plein ou 400 heures à temps partiel.
Important
Un travailleur qui vient d’entrer sur le marché de l’emploi peut avoir droit aux 20 jours de congé sans avoir encore droit à l’indemnité des 17 jours : vérifiez votre stage auprès de votre mutualité avant de bâtir votre budget.
Comment est payé le congé de paternité ?
Pour un travailleur salarié, le financement est partagé entre deux payeurs, ce qui explique que le montant versé change en cours de congé. Les 3 premiers jours sont à charge de votre employeur, qui vous verse votre rémunération normale et complète, exactement comme un jour presté. Les 17 jours suivants sont indemnisés par votre mutualité, à hauteur de 82 % de votre salaire brut plafonné. Deux mécanismes viennent ensuite réduire la somme réellement perçue : le plafond salarial et le précompte professionnel.
Le plafond est un montant journalier au-delà duquel votre salaire n’est plus pris en compte dans le calcul. Il est indexé, et il a changé en cours d’année : l’INAMI a appliqué une adaptation à l’indice santé de 2 % au 1er mars 2026. Il faut donc regarder la date de début de votre congé pour savoir quelle ligne vous concerne.
| Période de début du congé |
Plafond salarial journalier |
Indemnité maximale par jour (brut) |
| Du 1er janvier au 28 février 2026 |
183,1311 € |
150,17 € |
| À partir du 1er mars 2026 |
186,7916 € |
153,17 € |
Ces montants sont bruts et exprimés pour un régime de 6 jours par semaine. Pour connaître votre maximum dans un autre régime, l’INAMI indique de multiplier le montant par 6 puis de le diviser par le nombre de jours de votre régime. Enfin, votre mutualité retient 11,11 % de précompte professionnel sur l’indemnité : le net crédité sur votre compte est donc sensiblement inférieur aux 82 % annoncés.
Exemple : un travailleur rémunéré 150 € brut par jour, en régime de 6 jours par semaine, dont le congé de naissance débute en juin 2026, reste sous le plafond de 186,7916 €. Sa mutualité lui verse donc 82 % de 150 €, soit 123 € brut par jour pour chacun des 17 jours indemnisés. Après la retenue de 11,11 % de précompte professionnel, il touche environ 109,33 € net par jour. Son employeur, lui, paie les 3 premiers jours à 100 % de la rémunération habituelle.
Une naissance change beaucoup de choses dans un budget, et certains dispositifs passent inaperçus. En quelques minutes, notre simulateur fait le point sur votre situation et vous indique gratuitement les aides auxquelles vous pourriez prétendre.
Calculer mes aides
Quand et comment prendre les 20 jours ?
Vous disposez de 4 mois à dater du jour de l’accouchement pour poser vos jours, et ce délai est strict. Vous choisissez librement vos dates : les jours peuvent être pris d’un bloc, juste après la naissance, ou étalés sur toute la période, par exemple pour accompagner la reprise du travail de la mère. Cette souplesse est un vrai avantage par rapport à d’autres congés, comme le crédit-temps ou les jours de petit chômage, dont les périodes sont beaucoup plus encadrées.
Attention au décompte : le jour de l’accouchement lui-même est déjà le premier jour de la période de 4 mois. Un enfant né le 3 mars ouvre donc un droit à exercer au plus tard le 2 juillet. Les jours non pris dans ce délai sont définitivement perdus : ils ne se reportent pas et ne se convertissent pas en argent. Beaucoup de parents combinent d’ailleurs ces jours avec leurs vacances annuelles pour prolonger leur présence à la maison.
Le jour de l’accouchement compte déjà comme le premier de vos 4 mois.
Les démarches, étape par étape
Deux interlocuteurs interviennent, et les confondre fait perdre du temps. Votre employeur vous donne le congé ; votre mutualité vous paie les 17 jours indemnisés. Les deux démarches sont indépendantes : n’attendez pas la fin de l’une pour entamer l’autre.
Côté employeur, l’avertissement doit être préalable. Il peut être donné oralement, mais un écrit reste vivement conseillé, car c’est lui qui fera foi en cas de litige. Concrètement, vous devez prévenir au plus tard avant le début de votre journée de travail. Vous fournissez ensuite un extrait d’acte de naissance et, si vous êtes coparent sans lien de filiation, un extrait du registre de la population. Ces documents rejoignent votre dossier du personnel ; sur votre fiche de paie, seuls les 3 jours payés par l’employeur apparaîtront.
- Avertir l’employeur avant le début de la journée de travail concernée.
- Remettre un extrait d’acte de naissance de l’enfant.
- Introduire une demande auprès de la mutualité, avec le même extrait.
- Compléter le volet titulaire de la feuille de renseignements envoyée par la mutualité.
- Joindre une déclaration sur l’honneur si vous êtes coparent sans lien de filiation.
Une fois le dossier reçu, votre mutualité dispose de 30 jours pour entamer le paiement, puis vous indemnise chaque mois, un rythme mensuel en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Le détail complet de la procédure figure sur le site du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale. Pensez à vérifier au passage la prime de naissance, dont le montant diffère pour la prime de naissance à Bruxelles : elle se demande à votre caisse d’allocations familiales et suit un autre calendrier.
À faire
C’est l’avertissement lui-même qui fait courir la protection contre le licenciement, pas sa forme : gardez-en une copie datée, c’est elle qui le prouvera.
Anticiper la demande à la mutualité dès les premiers jours évite le décalage classique entre la fin du congé et le premier versement, un décalage qui pèse au moment précis où les dépenses augmentent.
Votre situation familiale ou professionnelle a changé récemment ? Faites le point gratuitement : d’autres dispositifs, parfois sans aucun rapport avec ce congé, pourraient vous concerner.
Simuler mes aides
Le congé de paternité des travailleurs indépendants
Les indépendants disposent de leur propre régime, le congé de paternité et de naissance, créé par la loi du 7 avril 2019 et géré par l’INASTI. La logique est différente de celle des salariés sur trois points : le nombre de jours peut être fractionné en demi-jours, l’allocation est un forfait et non un pourcentage de revenus, et c’est la caisse d’assurances sociales qui paie, jamais la mutualité. Le droit est ouvert à l’indépendant, à l’aidant et au conjoint aidant, au même titre que les autres aides aux travailleurs indépendants.
Pour en bénéficier, vous devez interrompre totalement votre activité pendant les jours concernés, être en ordre de cotisations pour les deux trimestres précédant celui de la naissance, et introduire votre demande auprès de votre caisse avant la fin du trimestre qui suit le trimestre de la naissance. Si votre enfant naît en mars, juin, septembre ou décembre, vous disposez d’un mois supplémentaire. Contrairement à une idée répandue, l’indépendant à titre complémentaire n’est pas exclu : il y a droit s’il cotise au niveau d’un indépendant à titre principal.
| Critère |
Salarié |
Indépendant |
| Durée maximale |
20 jours |
20 jours ou 40 demi-jours |
| Qui paie |
Employeur (3 jours) puis mutualité (17 jours) |
Caisse d’assurances sociales |
| Montant |
82 % du brut plafonné |
105,60 € par jour complet, 52,80 € par demi-jour |
| Délai pour prendre les jours |
4 mois à dater de l’accouchement |
4 mois à dater de l’accouchement |
| Moment du paiement |
Sous 30 jours, puis mensuellement |
En une fois, fin du mois qui suit la fin du congé |
Les montants forfaitaires de 105,60 € et 52,80 € sont ceux en vigueur, après la dernière indexation du 1er mars 2026. Le barème à jour est publié par l’INASTI : c’est la seule référence à consulter, car les forfaits sont revus à chaque indexation. Un indépendant qui exerce aussi une activité salariée voit par ailleurs ses jours d’indépendant réduits du nombre de jours déjà indemnisés par son employeur ou sa mutualité.
Le régime indépendant prévoit enfin une compensation pour ceux qui prennent peu de jours. Si vous prenez 8 jours au maximum (ou 16 demi-jours), donc si vous renoncez à une partie de votre congé, vous pouvez demander une aide à la naissance de 135 € en compensation de l’achat de titres-services. Vous devez acheter vous-même les titres, pour 135 € au minimum, en apporter la preuve, et introduire la demande auprès de votre caisse.
Exemple : un indépendant à titre principal qui prend 8 jours complets perçoit 8 fois 105,60 €, soit 844,80 €, versés en une fois par sa caisse. Comme il n’a pas dépassé les 8 jours, il peut en plus solliciter les 135 € d’aide à la naissance, à condition d’avoir acheté au moins ce montant en titres-services et de pouvoir le prouver.
Attention
Prendre un neuvième jour fait perdre cette aide : la condition porte sur la durée totale de votre congé, pas sur les jours qu’il vous reste.
La protection contre le licenciement
Prendre son congé de naissance ne doit rien coûter professionnellement, et la loi l’a organisé fermement. Dès l’instant où vous avertissez votre employeur, et au plus tard le premier jour de votre congé, s’ouvre une période pendant laquelle il ne peut pas rompre unilatéralement votre contrat, sauf pour un motif étranger à ce congé. Cette protection s’étend jusqu’à 5 mois après l’accouchement, et c’est à l’employeur qu’il revient de prouver le motif invoqué.
Si la protection n’est pas respectée, l’indemnité forfaitaire due au travailleur correspond à 6 mois de rémunération brute, en plus de l’éventuelle indemnité compensatoire de préavis, calculée sur la durée du préavis qui aurait dû être presté. Pour les CDD et les intérimaires, la loi présume que le non-renouvellement est lié à la naissance, et cette présomption ouvre une indemnité de 3 mois si l’employeur ne la renverse pas. Un employeur qui refuse le congé s’expose en outre à une sanction de niveau 2 au sens du Code pénal social, multipliée par le nombre de travailleurs concernés.
Votre protection court jusqu’à 5 mois après l’accouchement, pas seulement pendant le congé.
Congé de naissance et congé parental : ne pas les confondre
Ce sont deux droits distincts, avec deux organismes payeurs, et les confondre conduit à sous-estimer ce à quoi vous avez droit. Le congé de naissance est court, se prend dans les 4 mois et est indemnisé par la mutualité. Le congé parental est un congé thématique d’interruption de carrière, géré par l’ONEM, qui permet de suspendre ou de réduire son activité bien plus longtemps, jusqu’aux 12 ans de l’enfant.
Autre différence de taille : le congé parental exige une ancienneté de 12 mois au cours des 15 mois précédant la demande écrite, là où le congé de naissance n’en demande aucune. Prendre vos 20 jours ne consomme donc aucun de vos mois de congé parental : les deux crédits sont indépendants l’un de l’autre. D’autres dispositifs liés à la vie familiale, comme l’allocation de garde d’enfant ou le statut d’aidant proche, répondent encore à d’autres logiques.
La règle à retenir tient en une phrase : le congé de naissance accompagne l’arrivée de l’enfant, le congé parental accompagne son éducation. Si vous remplissez les conditions des deux, demandez-les chacun à son moment, auprès du bon organisme.