Finance

Erfbelasting en Flandre en 2026 : taux, exonérations et déclaration de succession

Le 15 octobre 2026 par Pierre Courtois - 12 minutes de lecture

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Erfbelasting en Flandre : un frère et une sœur discutent de la succession autour d'une table
Un proche qui habitait en Flandre est décédé et vous héritez ? En Flandre, les droits de succession s’appellent l’erfbelasting. Leur montant dépend de votre lien avec le défunt et de la valeur de votre part : de 3 % à 27 % pour un enfant ou un partenaire, de 25 % à 55 % pour un frère, une sœur ou un ami. Sous conditions, le partenaire survivant ne paie rien sur le logement familial, et les petites parts bénéficient d’une réduction. Voici, dans notre rubrique finances et fiscalité, les taux, les exonérations et les étapes de la déclaration de succession.

Qui doit payer l’erfbelasting en Flandre ?

Les droits flamands ne s’appliquent pas à toutes les successions. Ce qui compte, ce n’est pas votre adresse mais le dernier domicile fiscal du défunt : s’il se trouvait en Région flamande, c’est l’erfbelasting qui s’applique, même si vous habitez à Liège ou à Bruxelles. Si le défunt a vécu à plusieurs endroits en Belgique pendant ses cinq dernières années, on retient la région où il a habité le plus longtemps sur cette période.

Si le défunt vivait en Wallonie ou à Bruxelles, ce sont d’autres règles : consultez nos guides des droits de succession en Wallonie et des droits de succession à Bruxelles.

Chaque personne qui reçoit quelque chose de la succession est redevable de l’impôt sur sa part : les héritiers légaux (partenaire, enfants, parents, frères et sœurs…), les légataires désignés par testament et, le cas échéant, le conjoint désigné par une institution contractuelle. L’impôt est géré par la Vlaamse Belastingdienst (le service flamand des impôts), installé à Aalst.

Bon à savoir
Si le défunt vivait à l’étranger, seuls ses biens immobiliers situés en Belgique sont imposés, et la déclaration se fait en Flandre si la part de ces biens ayant le revenu cadastral le plus élevé s’y trouve. S’il ne possédait aucun bien immobilier en Belgique, aucune erfbelasting flamande n’est due.

Les taux de l’erfbelasting pour les enfants et les partenaires

Le tarif le plus bas vise la ligne directe (enfants, petits-enfants, parents, grands-parents) et les partenaires. Il est calculé par héritier, et séparément sur la part en biens meubles (argent, comptes, actions, voiture…) et sur la part en biens immobiliers (maison, terrain). Ce découpage fait baisser la facture, car chaque partie repart de la première tranche à 3 %.

Tranche de la part nette Taux
Jusqu’à 50.000 € inclus 3 %
De 50.000,01 à 250.000 € inclus 9 %
Au-delà de 250.000 € (sur le surplus) 27 %

Pour l’erfbelasting, votre partenaire est la personne qui, au jour du décès, était mariée avec le défunt, cohabitante légale, ou qui vivait avec lui depuis au moins un an sans interruption en formant un ménage commun (cohabitation de fait). Si vous hésitez entre ces statuts, notre article sur la cohabitation légale en détaille les effets. Les enfants adoptés par adoption plénière, les beaux-enfants et, sous conditions, les enfants accueillis (au moins 3 ans avant leurs 21 ans) et les enfants adoptés par adoption simple sont assimilés à la ligne directe. Pour les beaux-enfants et les enfants accueillis, cela suppose en pratique de les désigner par testament.

Exemple : vous héritez de votre mère une part nette de 200.000 €, dont 50.000 € en biens meubles et 150.000 € en biens immobiliers. Sur les meubles, vous payez 3 % de 50.000 €, soit 1.500 €. Sur l’immobilier, vous payez 3 % sur la première tranche de 50.000 € (1.500 €) puis 9 % sur les 100.000 € restants (9.000 €), soit 10.500 €. Au total : 12.000 €, contre 15.000 € si les deux parts n’étaient pas séparées.

Les taux pour les frères, sœurs et autres héritiers

Pour les frères et sœurs, le taux est appliqué à la part nette de chacun, sans séparer meubles et immeubles. Pour les autres héritiers (neveux, nièces, oncles, tantes, amis), l’impôt est calculé sur le total des parts de ces héritiers réunis, puis réparti entre eux au prorata de ce que chacun reçoit.

Tranche Frères et sœurs Autres héritiers
Jusqu’à 35.000 € inclus 25 % 25 %
De 35.000,01 à 75.000 € inclus 30 % 45 %
Au-delà de 75.000 € (sur le surplus) 55 % 55 %

Exemple : deux frères héritent chacun de 150.000 € de leur sœur. Chacun paie 25 % sur 35.000 € (8.750 €), 30 % sur les 40.000 € suivants (12.000 €) et 55 % sur les 75.000 € restants (41.250 €), soit 62.000 € par frère.

Ces taux sont ceux des décès survenus depuis le 1er septembre 2018. Pour un décès plus ancien, d’autres barèmes s’appliquent.

Les exonérations pour le partenaire survivant

Le partenaire survivant dispose de deux avantages distincts, l’un sur la maison, l’autre sur l’épargne et les autres biens meubles.

Le premier : le partenaire survivant ne paie pas d’erfbelasting sur le logement familial, c’est-à-dire la résidence principale où le couple vivait au moment du décès. L’exonération vaut pour les conjoints, les cohabitants légaux et les cohabitants de fait, mais pas entre parents en ligne directe : un enfant, un parent ou un grand-parent qui vivait avec le défunt n’y a pas droit, alors qu’un frère ou une sœur cohabitant peut en bénéficier. Elle ne concerne pas une seconde résidence. Si le couple ne vivait plus ensemble à cause d’une séparation de fait, d’un long séjour à l’hôpital ou d’un départ en maison de repos ou en résidence-services, le dernier logement commun peut malgré tout être exonéré.

Important
Pour l’exonération du logement familial, la durée exigée d’un cohabitant de fait passe à au moins 3 ans de vie commune avec le défunt. L’exonération se demande dans la déclaration de succession.

Le second : un abattement de 75.000 € sur la part du partenaire en biens meubles, pour les décès depuis le 1er janvier 2026 (50.000 € avant). Si sa part nette en meubles ne dépasse pas ce montant, elle n’est pas taxée ; au-delà, seul le surplus est imposé, à 9 % puis éventuellement 27 %. Cet abattement est appliqué d’office, mais il n’est pas ouvert à un cohabitant qui est aussi un parent en ligne directe du défunt (ou assimilé). Il ne règle que l’impôt : pour les revenus du partenaire survivant, voyez notre guide de la pension de survie.

Les réductions pour les petites parts, les enfants et les héritiers handicapés

Même sans exonération, plusieurs réductions diminuent la note. La plus courante concerne les petites parts : pour un enfant, un parent ou un partenaire dont la part nette ne dépasse pas 50.000 €, l’impôt est réduit de 500 € x (1 – part nette / 50.000). Jusqu’à 12.500 €, la réduction efface tout l’impôt. Elle est appliquée d’office, et la part nette prise en compte inclut tous les biens reçus, même exonérés, sauf le logement familial exonéré du partenaire. Une réduction comparable existe pour les frères, sœurs et autres héritiers, jusqu’à 75.000 € de part nette.

Exemple : un enfant hérite de 25.000 € en biens meubles. L’impôt est de 750 € (3 %), la réduction de 250 € (500 x (1 – 25.000 / 50.000)) : il paie 500 €.

D’autres règles visent les jeunes et les personnes fragiles :

  • Enfant du défunt de moins de 21 ans (par le sang, par adoption plénière ou beau-enfant ; pas les petits-enfants, ni les enfants accueillis ou adoptés par adoption simple) : réduction de 75 € par année complète restant jusqu’à ses 21 ans. Le partenaire survivant reçoit la moitié de la réduction accordée aux enfants communs. Elle se demande dans la déclaration.
  • Orphelin de moins de 21 ans qui a perdu ses deux parents : aucun impôt sur sa part du logement du parent défunt et exonération de la première tranche de 75.000 € de sa part en biens meubles.
  • Héritier handicapé : une partie de sa part est exonérée, soit 3.000 € (ligne directe, conjoints et cohabitants) ou 1.000 € (frères, sœurs et autres héritiers) multipliés par un coefficient lié à l’âge, qui va de 18 (20 ans ou moins) à 2 (plus de 80 ans).

Pour l’abattement handicap, il faut notamment une capacité de gain réduite à un tiers ou moins et un handicap dont les faits sont établis avant 65 ans, ainsi que l’une de ces reconnaissances : invalidité reconnue par l’INAMI (après un an d’incapacité primaire), handicap ou incapacité permanents d’au moins 66 % reconnus par une décision administrative ou judiciaire, ou perte d’autonomie d’au moins 9 points. L’attestation doit être valable à la date du décès. Un héritier domicilié en Flandre ne doit joindre aucune attestation ; s’il habite en Wallonie ou à Bruxelles, il doit joindre une attestation de handicap valable.

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Sans partenaire ni enfant : la singlevermindering

Une personne qui n’a ni partenaire ni enfants ou petits-enfants peut désigner, dans son testament, une ou plusieurs personnes qui hériteront à un taux réduit : c’est la singlevermindering. Ces bénéficiaires paient 3 % jusqu’à 50.000 € et 9 % de 50.000,01 à 100.000 €, au lieu des taux habituels de 25 % à 55 %. Le montant visé est plafonné à 100.000 € par succession, tous bénéficiaires réunis, et la réduction se demande dans la déclaration.

Attention
L’ancienne vriendenerfenis (le legs à un ami) ne s’applique plus aux testaments rédigés depuis le 1er janvier 2026. Un testament plus ancien qui la prévoit continue de produire ses effets fiscaux, mais elle ne se cumule pas avec la singlevermindering, qui a priorité.

Pour transmettre de son vivant plutôt qu’au décès, la donation en Belgique obéit à d’autres règles. Un notaire reste le meilleur interlocuteur pour rédiger le testament.

La déclaration de succession : délais et démarches

Après chaque décès, une déclaration de succession doit être déposée auprès de la Vlaamse Belastingdienst, même si le défunt laissait peu de biens. Elle est introduite par les héritiers légaux et/ou les légataires universels, ensemble (déclaration commune) ou chacun pour soi. Le fisc envoie en principe une invitation deux semaines après le décès à la dernière adresse du défunt, mais c’est un simple service : même sans invitation, la déclaration reste obligatoire.

  • 4 mois si le décès a eu lieu en Belgique ;
  • 5 mois s’il a eu lieu dans un autre pays de l’Espace économique européen ;
  • 6 mois s’il a eu lieu hors de l’EEE.

Le jour du décès ne compte pas et, si le dernier jour tombe un week-end ou un jour férié, le délai passe au jour ouvrable suivant. Sur simple demande écrite avant l’échéance, vous obtenez un report de 2 mois. Un dépôt tardif entraîne une majoration d’impôt pour chaque héritier.

La déclaration se fait en ligne via l’application ERFonline, ou avec le formulaire papier envoyé par voie numérique ou par la poste. Elle reprend tous les biens du défunt, en Belgique et à l’étranger, y compris les assurances-vie versées à la succession, moins ses dettes et les frais funéraires. Plutôt que de prouver ces frais un par un, vous pouvez déduire des forfaits, fixés pour les décès en 2026 à :

Forfait Décès en 2026
Dettes (défunt non marié ou marié sans communauté) 2.022,60 €
Dettes (défunt marié sous un régime de communauté) 4.045,20 €
Frais funéraires 8.090,40 €

Les deux forfaits de dettes ne se cumulent pas, mais vous pouvez prouver les dettes réelles et prendre le forfait pour les funérailles, ou l’inverse. Si vous travaillez, notre article sur le petit chômage (congé de circonstance) explique vos droits lors d’un décès.

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L’avis d’imposition et le paiement

Une fois la déclaration déposée, la Vlaamse Belastingdienst envoie l’avis d’imposition (aanslagbiljet), normalement dans les trois mois, à l’adresse choisie dans la déclaration (un héritier ou le notaire). Vous le retrouvez aussi dans MijnVlabel. Même sans impôt à payer, vous recevez un avis avec un montant de 0 €.

Vous avez en principe deux mois à partir de l’envoi de l’avis pour payer. En cas de retard, des intérêts sont ajoutés. Un report de paiement n’est pas possible, mais vous pouvez demander un plan de paiement. Une fois l’avis envoyé, l’impôt doit être payé dans le délai indiqué, même si la succession n’est pas encore partagée entre les héritiers.

Si vous gardez une maison héritée en Flandre et qu’elle demande des travaux, notre guide de Mijn VerbouwPremie détaille les primes flamandes à la rénovation et leurs conditions. Et si vous le revendez à un acheteur, ce sont ses frais de notaire qui entrent en jeu.

Ce qui a changé en 2026 et la réforme annoncée

Plusieurs règles ont bougé au 1er janvier 2026 : l’abattement du partenaire sur les biens meubles est passé de 50.000 € à 75.000 €, la singlevermindering a remplacé la vriendenerfenis pour les nouveaux testaments, et les conditions du taux réduit pour la transmission d’entreprises familiales ont été adaptées. Les forfaits de dettes et de frais funéraires, eux, sont revus chaque année.

Le gouvernement flamand évoque par ailleurs une réforme et une baisse de l’erfbelasting dans son accord de gouvernement 2024-2029 et dans sa déclaration de septembre 2025. L’administration flamande indique qu’elle ajoutera l’information sur sa page dès que des décisions formelles seront prises ; à ce jour, les taux présentés dans ce guide restent ceux qui s’appliquent.

En savoir plus
Vous comparez les régions ? Lisez nos guides des droits de succession à Bruxelles et des droits de succession en Wallonie.
Autres questions fréquentes

Diplômé d'un master en management et marketing, Pierre écrit sur le domaine des aides et de l'administration en Belgique depuis plus d'un an. N'hésitez pas à le contacter en espace commentaire si vous avez une question.


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