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Vous avez passé de longues années au chômage et vous vous demandez quel sera le montant de votre pension ? En Belgique, le chômage involontaire peut compter pour la pension, sous conditions. Mais plus il dure, moins il rapporte, et la réforme des pensions comme la limitation du chômage dans le temps changent la donne. Voici comment le SFP calcule la pension d’un chômeur de longue durée, parmi les aides et droits des seniors en Belgique.
Le chômage compte-t-il pour la pension en Belgique ?
Oui, à une condition : il doit s’agir d’un chômage involontaire indemnisé. Si vous recevez des allocations de chômage de l’ONEM, ces périodes sont des périodes assimilées. Selon le Service fédéral des Pensions (SFP), elles comptent à la fois pour fixer votre date de pension la plus proche et pour calculer le montant de votre pension de salarié.
Pour ces périodes, vous n’avez pas de salaire. Le SFP utilise donc un salaire fictif, calculé en principe sur le salaire total de l’année de carrière qui précède la période de chômage. À l’inverse, le chômage volontaire n’est pas assimilé : il ne compte pas pour la pension.
Bon à savoir
D’après le SFP, le revenu d’intégration versé par le CPAS n’est jamais pris en compte pour le calcul de la pension, contrairement aux allocations de chômage.
Chômage de longue durée : un salaire fictif limité
Toutes les années de chômage ne se valent pas. Le chômage indemnisé est découpé en périodes d’indemnisation successives (1re, 2e et 3e période), et le SFP en tient compte. Pour la 1re période, le SFP calcule, selon les règles actuelles, la pension sur le salaire fictif normal (voir plus bas ce qui change pour les pensions qui prennent cours en 2027 ou plus tard). Ensuite, le salaire fictif devient limité : il est ramené au salaire minimum garanti ou au plafond salarial minimum, ce qui rapporte nettement moins.
Le moment de la bascule dépend de l’année où vous étiez au chômage :
| Période de chômage |
À partir de 2017 |
De 2012 à 2017 |
Avant 2012 |
| 1re période |
Salaire fictif normal |
Salaire fictif normal |
Salaire fictif normal |
| 2e période |
Salaire fictif limité |
Salaire fictif normal |
Salaire fictif normal |
| 3e période |
Salaire fictif limité |
Salaire fictif limité |
Salaire fictif normal |
Il existe toutefois des exceptions liées à l’âge. En 2e période, le salaire fictif reste normal si votre 1re période d’indemnisation a commencé au plus tôt l’année de vos 50 ans. En 3e période, il reste normal après vos 55 ans si vous êtes tombé au chômage après vos 50 ans, ou si vous aviez déjà au moins 55 ans au 1er novembre 2012 et étiez alors en 3e période.
Pour comprendre la formule complète, voyez notre guide du calcul de la pension de retraite.
Ce que change la réforme des pensions pour les chômeurs
La réforme des pensions modifie aussi le calcul des longues périodes sans emploi. Une mesure est déjà adoptée : pour les pensions qui prennent cours en 2027 ou plus tard, le salaire fictif des périodes de chômage et de fin de carrière situées à partir du 1er février 2025 est limité au plafond salarial minimum. Selon le SFP, ces périodes rapporteront donc moins de pension.
Certaines périodes gardent le salaire fictif habituel, comme le chômage temporaire (par exemple le chômage technique ou pour cause de force majeure). Pour un aménagement de fin de carrière ou un RCC (ex-prépension) demandé avant le 1er février 2025, rien ne change.
Ces règles se combinent avec votre âge, votre parcours et votre date de pension : votre situation peut aussi ouvrir d’autres droits que la pension.
Votre situation professionnelle a changé ? En quelques minutes, découvrez gratuitement les aides auxquelles vous pourriez prétendre en Belgique.
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Pension minimum : le piège des 5.000 jours de travail effectif
Pour un chômeur de longue durée, la pension minimum garantie est souvent le vrai filet de sécurité. Mais ses conditions se sont resserrées. Pour la pension minimum à temps plein, le SFP exige à la fois une carrière d’au moins 2/3 d’une carrière complète (soit 30 années pour presque tous les salariés) avec des années d’au moins 208 jours, et 5.000 jours de travail effectif sur toute la carrière.
C’est cette seconde condition qui pénalise les longues périodes de chômage. Le SFP donne l’exemple de Jacques : 12 années de travail à temps plein (3.744 jours), puis 30 années d’allocations de chômage. Il totalise 42 années de carrière, mais n’a pas droit à la pension minimum à temps plein selon le SFP, faute d’avoir effectivement travaillé 5.000 jours. Pour la pension minimum à temps partiel, il faut des années d’au moins 156 jours et 3.120 jours de travail effectif.
Si vous remplissez les conditions, le montant pour une carrière complète de 45 ans s’élève, au 1er septembre 2026, à :
| Pension minimum garantie de salarié |
Brut mensuel |
Brut annuel |
| Taux ménage |
2.351,65 € par mois |
28.219,84 € par an |
| Taux isolé |
1.881,92 € par mois |
22.582,98 € par an |
Ce montant est ensuite multiplié par votre fraction de carrière : avec 35 années, vous recevez par exemple les 35/45e de la pension minimum. À partir de 2027, partir en pension anticipée sans remplir les conditions de carrière peut aussi entraîner un malus pension.
Fin des allocations de chômage : quel impact sur votre pension ?
À partir de 2026, les allocations de chômage sont limitées dans le temps. Pour la pension, la règle du SFP est claire : seules comptent les périodes pendant lesquelles vous recevez un revenu professionnel, des allocations de chômage ou un autre revenu de remplacement ouvrant un droit à la pension. Une période sans aucun de ces revenus ne compte pas.
D’après le SFP, l’impact dépend de votre situation :
- Vous avez déjà reçu votre décision de pension : aucun impact, la décision est définitive.
- Vous pouviez partir à la pension en 2025 mais vous la prenez plus tard : votre date ne change pas, mais le montant peut baisser si vous n’avez plus aucun revenu professionnel ou de remplacement.
- Vous pouvez partir en 2026 ou plus tard : la fin des allocations peut toucher à la fois la date et le montant de votre pension.
- Vous reprenez le travail ou recevez un autre revenu de remplacement : vous continuez à constituer des droits, et l’impact est le plus souvent faible ou nul.
Attention
Passer du chômage au revenu d’intégration du CPAS ne maintient pas vos droits : selon le SFP, ce revenu ne compte pas pour le calcul de la pension.
Si l’ONEM vous a écrit pour annoncer la suspension de vos allocations, le SFP en est informé et n’affiche plus d’estimation de pension sur mypension.be tant que votre nouvelle situation n’est pas connue. Pour suivre votre dossier, voyez comment vous connecter à mypension.be. Après la fin de droit, le CPAS peut accorder un revenu d’intégration pour vivre.
Une fin de droit change souvent tout le budget du ménage, au-delà de la seule pension.
D’autres dispositifs existent peut-être pour votre situation. Faites la simulation gratuite pour le savoir.
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Pension trop faible après le chômage : quelles solutions ?
Si votre pension reste très basse malgré tout, la garantie de revenus aux personnes âgées (GRAPA) peut la compléter. Son octroi dépend d’une enquête sur vos ressources, et elle est possible à partir de l’âge légal de la pension.
Avant d’en arriver là, vérifiez votre carrière sur mypension.be, où le SFP affiche aussi une estimation de votre future pension. Si vous reprenez un emploi, même tardivement, chaque jour de travail effectif vous rapproche aussi des 5.000 jours exigés pour la pension minimum. Et pour comprendre l’ensemble des règles de l’indemnisation, consultez notre dossier sur la réforme du chômage.