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Une obturation, un détartrage ou un appareil pour votre enfant : chez le dentiste, la facture fait souvent peur. Pourtant, votre mutualité rembourse une grande partie des soins dentaires, dans le cadre de l’assurance soins de santé de la Sécurité sociale. Soins de base gratuits jusqu’à 19 ans, remboursement plus élevé si vous consultez chaque année, orthodontie prise en charge si elle commence à temps : voici ce que vous payez vraiment et comment éviter de payer plus que nécessaire.
Comment fonctionne le remboursement chez le dentiste ?
Les soins dentaires remboursés sont repris dans la nomenclature de l’INAMI, la liste officielle des prestations prises en charge par l’assurance obligatoire. Pour chaque soin, un tarif officiel est fixé : votre mutualité en rembourse une partie et le reste, appelé ticket modérateur, reste à votre charge. Les règles sont fédérales : elles sont identiques en Wallonie et à Bruxelles.
Ces tarifs sont négociés entre les dentistes et les mutualités dans un accord national dento-mutualiste. Un dentiste conventionné s’engage à les respecter. Un dentiste non conventionné peut vous demander un supplément, que la mutualité ne rembourse pas.
Le plus souvent, vous payez d’abord le dentiste, puis votre mutualité vous rembourse sur la base de l’attestation de soins qu’il vous remet. Certains dentistes appliquent le tiers payant : ils se font payer directement par la mutualité et vous ne réglez que votre part. Demandez-lui s’il pratique ce régime avant le soin.
Soins dentaires gratuits jusqu’à 19 ans
Pour les enfants et les jeunes, la règle est très favorable : votre mutualité rembourse intégralement les soins dentaires de base jusqu’au 19e anniversaire. Si le dentiste est conventionné, ces soins sont donc entièrement gratuits. La limite était de 18 ans jusqu’en 2023 : elle a été relevée à 19 ans en septembre 2023.
Sont remboursés intégralement :
- jusqu’à 18 ans : l’examen buccal semestriel avec nettoyage prophylactique ;
- entre 18 et 19 ans : l’examen buccal annuel, l’examen parodontal, le détartrage et le détartrage sous-gingival ;
- jusqu’à 19 ans : les obturations, les traitements des nerfs (dévitalisations) et les extractions.
L’orthodontie n’est, elle, remboursée que partiellement (voir plus bas). Les couronnes et les bridges ne sont pas remboursés, et les implants ne le sont qu’à de rares exceptions.
Attention
Intégralement remboursé ne veut pas toujours dire gratuit : chez un dentiste non conventionné, un supplément peut vous être facturé, même pour votre enfant.
Le trajet de soins buccaux : mieux remboursé si vous consultez chaque année
À partir de 19 ans, le remboursement dépend de votre régularité. C’est le trajet de soins buccaux : si vous avez reçu au moins un soin dentaire remboursé au cours de l’année civile précédente, vous êtes mieux remboursé pour la plupart des soins. Il n’y a aucune démarche à faire : votre mutualité vérifie elle-même vos remboursements de l’année précédente.
Si vous n’êtes pas allé chez le dentiste l’année précédente, votre part augmente nettement. Pour une personne sans intervention majorée, l’INAMI indique que :
- pour les obturations, traitements des nerfs et extractions, la part à votre charge est à peu près doublée ;
- pour une prothèse amovible, elle augmente d’environ 50 € ;
- pour les implants, elle augmente de 40,50 €.
Si vous avez droit à l’intervention majorée, l’augmentation est limitée à 2 € maximum. Les consultations, les soins préventifs, l’orthodontie et la parodontologie ne sont pas concernés par cette règle.
Exemple : Sophie a 45 ans et n’a pas droit à l’intervention majorée. Elle n’a reçu aucun soin dentaire remboursé en 2025. En mars 2026, elle se fait soigner une carie : pour cette obturation, sa part est à peu près doublée par rapport à celle d’un patient régulier. Comme ce soin est remboursé en 2026, elle sera de nouveau dans le trajet de soins buccaux en 2027 et bénéficiera du meilleur remboursement.
Important
Pour garder le meilleur remboursement, il faut avoir reçu au moins un soin dentaire remboursé au cours de l’année civile précédente : sans aucun soin remboursé pendant une année, votre part augmente l’année suivante pour la plupart des soins.
À noter en 2026 : la règle de continuité, qui réduisait de moitié le remboursement du détartrage si aucun soin n’avait été remboursé l’année précédente, a été supprimée le 1er juin 2026. Un ticket modérateur reste toutefois dû pour la plupart des soins, que vous consultiez régulièrement ou non.
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Examen buccal et détartrage : ce qui est remboursé à l’âge adulte
À l’âge adulte, la prévention reste bien remboursée, et c’est aussi le moyen le plus simple de rester dans le trajet de soins buccaux. Deux soins sont à connaître : l’examen buccal (le contrôle de routine) et le détartrage. Les soins préventifs et la parodontologie échappent à la hausse de la part à charge liée au trajet de soins buccaux.
Voici les règles de remboursement à partir de 19 ans :
| Soin |
Âge |
Fréquence remboursée |
| Examen buccal |
À partir de 19 ans, sans limite d’âge |
1 fois par année civile |
| Détartrage |
À partir de 19 ans |
1 fois par année civile, par quadrant (quart de la bouche) |
| Détartrage sous-gingival |
De 19 à 65 ans |
1 fois tous les 3 ans civils, par quadrant |
La limite de 80 ans qui s’appliquait à l’examen buccal a été supprimée le 1er septembre 2023 : les seniors y ont donc droit chaque année. Pour le détartrage sous-gingival (le nettoyage sous la gencive), la limite d’âge a été relevée de 60 à 65 ans le 1er juillet 2024.
Orthodontie : un remboursement si le traitement commence avant 15 ans
Un appareil dentaire coûte cher, mais l’assurance soins de santé intervient à une condition clé : un traitement orthodontique régulier doit commencer avant le 15e anniversaire de l’enfant. Le remboursement prend la forme de forfaits : un forfait lors de la pose de l’appareil, puis des forfaits de séance pendant le suivi (jusqu’à 36 séances remboursées). Le dentiste ou l’orthodontiste introduit une demande auprès du médecin-conseil de votre mutualité.
Bon à savoir
Si votre enfant approche de ses 15 ans, ne tardez pas à consulter : un traitement qui débute après cet âge n’ouvre en principe plus le droit au remboursement de l’assurance obligatoire.
Le remboursement étant partiel, une partie des frais peut rester à votre charge. Demandez un devis détaillé avant de commencer et renseignez-vous sur l’assurance complémentaire de votre mutualité, qui peut prévoir une intervention supplémentaire selon ses propres conditions.
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Prothèses et implants : à partir de quel âge ?
À partir d’un certain âge, la perte de dents devient une vraie question de budget. L’assurance soins de santé intervient pour les prothèses amovibles (les dentiers) et, dans un cas très précis, pour les implants. Les conditions d’âge sont strictes et il vaut mieux les connaître avant de demander un devis.
Prothèse amovible : le remboursement n’est dû qu’à partir du 50e anniversaire, sauf pour certaines pathologies reconnues par l’INAMI (par exemple après un cancer ou en cas d’absence congénitale de dents). Une seule prothèse est remboursée par mâchoire et par période de 7 années civiles.
Implants : l’INAMI ne les rembourse qu’à partir du 70e anniversaire, pour la pose de 2 implants dans la mâchoire inférieure totalement édentée. Ils servent à stabiliser une prothèse amovible inférieure complète que vous portez depuis au moins 12 mois et qui présente un dysfonctionnement grave. En dehors de ce cas, les implants, tout comme les couronnes et les bridges, restent en principe entièrement à votre charge.
Attention
Un implant posé avant 70 ans, ou dans un autre cas que celui prévu par l’INAMI, n’est pas remboursé par l’assurance obligatoire : demandez toujours un devis écrit avant de vous engager.
Dentiste conventionné ou non : comment éviter les suppléments
Le statut de votre dentiste a un impact direct sur ce que vous payez. Chez un dentiste conventionné, vous payez le tarif officiel et votre part se limite au ticket modérateur. Chez un dentiste non conventionné, des suppléments d’honoraires peuvent s’ajouter, et ils restent entièrement à votre charge. Le principe est le même que pour un médecin conventionné ou non conventionné.
Pour vérifier le statut d’un dentiste, trois solutions : le moteur officiel Rechercher un dispensateur de soins de l’INAMI, votre mutualité ou tout simplement le dentiste lui-même, à qui vous pouvez poser la question avant le rendez-vous.
Comment réduire encore votre facture chez le dentiste
Même avec un dentiste conventionné, plusieurs mécanismes peuvent alléger votre reste à charge. Ils sont souvent méconnus et s’additionnent.
- Intervention majorée : si vous avez le statut BIM, votre ticket modérateur est plus bas et la hausse liée au trajet de soins buccaux est limitée à 2 €.
- Maximum à facturer : les tickets modérateurs payés chez le dentiste comptent dans le maximum à facturer. Si les frais de votre ménage dépassent le plafond de l’année, votre mutualité vous rembourse automatiquement, une fois par mois, les tickets modérateurs qui le dépassent.
- Tiers payant : depuis 2022, un dentiste peut l’appliquer à tous ses patients, quel que soit leur âge. Ce n’est toutefois pas une obligation générale : demandez-le avant le soin pour ne pas avancer la totalité.
- Assurance complémentaire : en plus de l’assurance obligatoire, votre mutualité peut prévoir des avantages pour certains soins dentaires. Les conditions et les montants varient d’une mutualité à l’autre : comparez les avantages de la Mutualité chrétienne ou de Solidaris, par exemple.
Si vous n’arrivez vraiment pas à payer vos soins, le CPAS de votre commune peut intervenir dans le cadre de ses aides médicales, après une enquête sociale.