Un budget à réduire ?
Contactez gratuitement un conseiller pour réduire vos factures d’électricité / gaz / Internet / assurances.
025 86 21 31
Horaires : 8h - 19h (lun - ven) et 9h30 - 19h (sam). Service partenaire Selectra.

Recevoir un courrier d’huissier qui annonce une retenue sur votre paie fait peur, mais votre employeur ne peut pas vider votre fiche de salaire pour autant. La loi belge fixe des seuils précis, valables partout dans le pays, et une part de vos revenus reste protégée dans la très grande majorité des cas, la dette alimentaire étant la principale exception. Voici ce qu’un créancier peut réellement prélever en 2026, ce qui échappe à la saisie et les démarches qui font baisser la retenue, un réflexe utile dès que vos finances personnelles se tendent.
Qu’est-ce qu’une saisie sur salaire ?
Une saisie sur salaire, ou saisie-arrêt, est une procédure par laquelle un créancier fait bloquer une partie de votre rémunération directement entre les mains de votre employeur. Vous ne recevez plus l’intégralité de votre paie : l’employeur retient la part saisissable et la verse à l’huissier, qui la redistribue au créancier. Vous restez salarié, votre contrat ne change pas, seul le montant versé sur votre compte diminue.
Ce mécanisme concerne aussi bien les revenus professionnels que les allocations. Il est encadré par le Code judiciaire, qui impose au créancier des plafonds stricts : le législateur part du principe qu’une personne doit conserver de quoi vivre, même endettée. Ces plafonds sont fédéraux et strictement identiques en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre.
Concrètement, c’est votre employeur qui calcule la retenue et l’applique sur votre fiche de paie. Il n’a aucune marge de négociation : la loi le désigne comme tiers saisi et l’oblige à déclarer, dans les quinze jours de la saisie, les sommes qu’il vous doit. S’il ne déclare pas ou déclare mal, il peut être condamné à payer la dette de sa propre poche.
Bon à savoir
Le plafond d’un cinquième dont on parle souvent ne concerne pas la saisie : il limite les retenues que l’employeur opère pour son propre compte (avances, amendes du règlement de travail).
Saisie-arrêt ou cession de rémunération : deux procédures différentes
La cession de rémunération n’est pas une saisie : c’est un contrat que vous avez signé. En cédant votre rémunération, vous transférez à l’avance à un créancier la partie cessible de votre salaire. On la rencontre surtout au moment de la souscription d’un prêt, en garantie. La loi exige qu’elle figure dans un acte distinct du contrat principal, à peine de nullité.
La différence pratique tient au juge. Pour une saisie-arrêt-exécution, le créancier doit disposer d’un titre exécutoire (un jugement ou un acte authentique) : aucun juge n’intervient au moment de la retenue, le titre suffit. Pour une cession, aucun juge non plus, sauf si vous vous y opposez : vous disposez alors de dix jours après la notification pour réagir, et c’est le juge de paix qui tranche, en dernier ressort. Bonne nouvelle malgré tout : les montants saisissables sont exactement les mêmes dans les deux cas.
Quel montant peut être saisi sur votre salaire ?
Le calcul se fait par tranches, sur le montant net et par mois civil. Chaque tranche a son propre pourcentage, et seule la partie du revenu qui tombe dans une tranche donnée subit le pourcentage correspondant. Autrement dit, gagner un euro de plus ne fait jamais basculer tout votre salaire dans une catégorie supérieure.
Les montants ci-dessous sont ceux de 2026, fixés par l’arrêté royal du 3 décembre 2025 portant exécution de l’article 1409, § 2, du Code judiciaire (Moniteur belge du 10 décembre 2025) et applicables depuis le 1er janvier 2026. Ils valent pour un salaire comme pour un pécule de vacances, et se comparent utilement au salaire minimum en vigueur.
| Revenu net par mois civil |
Revenus professionnels |
Revenus de remplacement |
| Jusqu’à 1.419,00 € |
0 %, rien n’est saisissable |
0 %, rien n’est saisissable |
| De 1.419,01 € à 1.524,00 € |
20 % de la tranche |
20 % de la tranche |
| De 1.524,01 € à 1.682,00 € |
30 % de la tranche |
40 % de la tranche |
| De 1.682,01 € à 1.839,00 € |
40 % de la tranche |
40 % de la tranche |
| Au-delà de 1.839,00 € |
La totalité |
La totalité |
Important
Le calcul porte sur le net, après cotisations sociales et précompte professionnel. Si vous percevez à la fois un salaire et une allocation, les deux se cumulent avant d’appliquer les tranches.
Un exemple de calcul, tranche par tranche
Exemple : vous percevez 1.750,00 € nets par mois et vous avez un enfant à charge. La première tranche (jusqu’à 1.419,00 €) échappe entièrement à la saisie. La deuxième tranche vaut 105,00 €, saisissable à 20 %, soit 21,00 €. La troisième vaut 158,00 €, saisissable à 30 %, soit 47,40 €. La quatrième porte sur les 68,00 € compris entre 1.682,00 € et 1.750,00 €, saisissables à 40 %, soit 27,20 €. La quotité saisissable atteint donc 95,60 €, dont il faut encore retirer 88,00 € au titre de l’enfant à charge : la retenue réelle tombe à 7,60 €.
Votre situation a changé récemment ? 💶 En quelques minutes, découvrez gratuitement les aides auxquelles vous pourriez prétendre en Belgique.
Vérifier mes droits
Chômage, mutuelle et pension : un barème plus protecteur
Les revenus de remplacement suivent un barème distinct, plus favorable au débiteur. Sont concernées les allocations de chômage, dont l’ONEM fixe le calendrier de paiement, les indemnités versées en cas d’incapacité de travail, dont la mutuelle échelonne le versement mensuel, les allocations d’invalidité, les pensions et leurs dates de versement, ainsi que les indemnités d’interruption de carrière.
La différence tient à une seule tranche, mais elle est notable : entre 1.524,01 € et 1.839,00 €, il n’existe pas de palier à 30 %. Toute cette bande est saisissable à 40 %, ce que la loi formule comme deux cinquièmes. En dessous et au-dessus, les seuils sont rigoureusement identiques à ceux d’un salaire. Une pension alimentaire que vous recevez relève également de ce barème.
Enfants à charge : la déduction qu’il faut réclamer
Si vous avez des enfants à charge, la partie saisissable de vos revenus est diminuée de 88,00 € par enfant depuis le 1er janvier 2026. Attention au sens exact de la règle : les seuils ne bougent pas, c’est la retenue déjà calculée qui est réduite, et uniquement dans sa limite. Une quotité saisissable de 60,00 € avec un enfant à charge tombe à zéro, jamais en négatif.
La définition d’enfant à charge est plus large qu’on ne le croit : toute personne de moins de 25 ans dont vous assumez de manière substantielle l’hébergement, l’entretien ou l’éducation, en vertu d’un lien de filiation au premier degré ou en qualité de parent social. Un beau-parent qui héberge durablement l’enfant de son conjoint peut donc en bénéficier. En revanche, l’enfant cesse d’être à charge s’il a disposé, dans les douze mois précédant la déclaration, de ressources nettes supérieures à 4.015,00 € (parent cohabitant), 5.799,00 € (parent isolé) ou 7.352,00 € (enfant reconnu handicapé). Votre situation familiale détermine donc le plafond applicable.
Cette réduction n’est jamais automatique. Vous devez la demander au moyen du formulaire de déclaration d’enfant à charge arrêté par le ministre de la Justice, remis à l’huissier et à votre employeur. Une seule déclaration suffit par procédure, quel que soit le nombre de créanciers, et une attestation de votre mutuelle, un certificat de composition de ménage ou un jugement de garde partagée font office de preuve.
Attention
La déclaration n’a pas d’effet rétroactif : elle ne joue qu’à partir du mois qui suit sa réception par l’employeur, et à condition qu’il lui reste dix jours ouvrables avant la date habituelle de paie. Chaque mois de retard est définitivement perdu.
Les revenus totalement insaisissables
Certaines sommes échappent entièrement à la saisie, sans barème ni tranche. L’article 1410, § 2, du Code judiciaire en dresse la liste, et elle couvre l’essentiel des revenus de remplacement destinés aux situations les plus fragiles.
- Les allocations familiales et les pensions ou rentes d’orphelins.
- Les allocations aux personnes handicapées, dont l’allocation d’intégration.
- La GRAPA, la garantie de revenus aux personnes âgées.
- Le revenu d’intégration, que le Code désigne encore sous son ancien nom de minimum de moyens d’existence.
- L’aide sociale octroyée par le CPAS.
- Les interventions de l’assurance soins de santé et les indemnités pour prothèses et implants.
- Les défraiements versés aux volontaires.
Les titres-repas bénéficient d’une protection à part, encore plus solide : ils sont insaisissables et incessibles, et ils échappent même aux exceptions décrites dans la section suivante.
Une somme insaisissable le reste quel que soit le montant de la dette et quel que soit le créancier.
Ce qui compte, c’est la nature de la prestation, pas l’organisme qui la verse ni la région où vous vivez : une même allocation reste insaisissable qu’elle vienne d’un CPAS wallon, bruxellois ou flamand.
Beaucoup d’aides restent inconnues des personnes qui y ont droit. 🔎 Faites le point sur votre situation, c’est gratuit et sans engagement.
Calculer mes aides
Pensions alimentaires et délégation de sommes : les exceptions
Face à un créancier d’aliments, les règles changent radicalement. L’article 1412 du Code judiciaire écarte les limitations habituelles : les tranches ne s’appliquent plus et la totalité des revenus peut être prélevée. La même règle vaut pour la délégation de sommes prononcée par un juge.
Le point le plus mal compris est ailleurs. Devant une créance alimentaire, une grande partie des revenus dits totalement insaisissables perdent cette protection : allocations familiales, allocations aux personnes handicapées, GRAPA et revenu d’intégration peuvent alors être saisis. Restent protégées l’aide sociale versée par le CPAS et les prestations qui suivent dans la liste légale. Et si un autre créancier intervient en parallèle, il reste limité à la quotité normale, diminuée de ce qui a déjà été prélevé pour la pension alimentaire.
Important
Une créance alimentaire n’est pas une dette comme les autres : les plafonds protecteurs cessent de jouer et la quasi-totalité des revenus devient saisissable.
Et l’argent déjà versé sur votre compte bancaire ?
Une fois le salaire viré, l’argent reste protégé, mais pour un temps limité. La protection suit les sommes sur le compte à vue pendant trente jours à dater de leur inscription au crédit. Si le versement couvre une période plus longue, par exemple des arriérés, la protection se prolonge proportionnellement, en comptant trente jours par mois couvert.
Ce système repose sur un code que l’organisme payeur (employeur, ONEM, mutuelle, caisse de pensions) doit accoler au virement. Ce code apparaît sur votre extrait de compte et signale à la banque que la somme est protégée. En cas de saisie sur le compte, l’huissier établit un décompte et vous l’envoie par recommandé dans les huit jours. Tenir un budget à jour facilite nettement la vérification de ce décompte.
Attention
Vous ne disposez que de huit jours, à peine de déchéance, pour renvoyer le formulaire de réponse joint au décompte de l’huissier. Passé ce délai, vous perdez le droit de contester le calcul.
Peut-on refuser, interrompre ou contester une saisie ?
Refuser une saisie régulière n’est pas possible : ni vous ni votre employeur ne pouvez décider de l’ignorer. En revanche, vous pouvez la contester et, dans certains cas, la suspendre. Le magistrat compétent est le juge des saisies, saisi selon les formes du référé, donc rapidement.
Pour un litige portant sur les enfants à charge, la procédure est volontairement légère : une simple déclaration écrite déposée au greffe suffit, le juge statue toutes affaires cessantes et sa décision n’est susceptible ni d’opposition ni d’appel. Aucun avocat n’est obligatoire. Vérifier le calcul de l’employeur et déclarer vos enfants à charge sont, en pratique, les deux leviers les plus efficaces.
Le règlement collectif de dettes, quand la retenue devient intenable
Lorsque les dettes s’accumulent durablement, le règlement collectif de dettes change la donne. Introduit par requête devant le tribunal du travail, il est ouvert à toute personne physique non commerçante qui n’est plus en état de payer ses dettes de manière durable et qui n’a pas organisé son insolvabilité. Si un plan précédent a été révoqué, il faut attendre cinq ans.
Son effet est décisif : dès la décision d’admissibilité, toutes les voies d’exécution sont suspendues, les saisies antérieures conservent seulement un caractère conservatoire, et l’effet des cessions de rémunération est lui aussi suspendu. Un accompagnement en médiation de dettes permet d’évaluer cette voie, tout comme un rachat de crédit ou un crédit social peuvent parfois éviter d’en arriver là.
Enfin, gardez en tête que les seuils sont indexés chaque année sur l’indice santé lissé de novembre : un nouvel arrêté royal paraît au Moniteur belge avant le 31 décembre et s’applique au 1er janvier suivant. Le tableau officiel actualisé est publié par le SPF Emploi. Méfiez-vous des montants de 1.424 €, 1.529 €, 1.688 € et 1.846 € qui circulent encore : ils datent d’une hausse temporaire de fin 2022 et ne sont plus applicables.
En savoir plus
Si votre situation évolue, nos pages sur la médiation de dettes et sur le revenu d’intégration détaillent les dispositifs qui prennent le relais quand les revenus ne suffisent plus.